| 1914 |
TRAIN -
(Courbevoie) |
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 Né
en 1877 à Saint-Etienne, Emile Train commence sa
carrière dans les ateliers de son père, en tant
que mécanicien, ce qui l'amènera à se
consacrer très tôt à la moto et à
l'automobile.
En 1902, il s'installe à Courbevoie, où il
étudie son premier moteur de moto. A partir de
1909 il se consacre entièrement à l'aviation.Il
revient à la moto en 1914 en faisant
l'acquisition de la firme Lurquin-Coudert,
fondée en 1899.
Celle-ci propose alors des moteurs de 2
ch 1/2 à 4 ch 1/2, déclinés en
version refroidie par air pour la moto ou par eau
pour l'industrie, ainsi que de bicylindres en
"V" destinés à la compétition et
d'une moto à fourche élastique et suspension
arrière coulissante.
Après la guerre, Train se spécialise dans
les moteurs de faible cylindrée (2 et 4 temps)
mais dès 1924 il propose une vaste gamme de
moteurs de 98 à 995 cm3, mono ou bicylindres en
"V", refroidis par air ou par eau, aux
destinations diverses : bicyclettes,
motocyclettes, cycle cars, canots automobiles,
motoculteurs, groupes industriels ...
Ce nest qua partir de 1927
quEmile Train propose enfin des
motocyclettes complètes avec une gamme allant de
la 125 à la 345 cm3 et dont la conception fait
preuve d'une activité débordante et inventive.
Deux exemples suffisent à le démontrer : La
distribution de son monocylindre 350 cm3 de 1939
aux culbuteurs attaqués non par des tiges mais
par des leviers ainsi que sa quatre cylindres en
ligne, disposés longitudinalement et dont la
compacité étonne encore aujourd'hui.
Bien que les moteurs Train aient équipé,
outre les motos de la marque, celles de bien des
concurrentes, leur technologie devait être bien
trop évoluée (pas assez "simpliste"
?) pour intéresser les militaires, si bien que
la marque disparaîtra dès 1939.
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En
1916, pendant la première guerre mondiale,
Joseph Monet et Adrien Goyon commencent à
fabriquer des engins sans moteur dans le but de
rendre la mobilité aux trop nombreux mutilés
victimes de ce que certains n'ont pas hésité à
appeler "la grande boucherie".Pour
ceux qui en douteraient, c'était avant tout un
moyen de se rendre utiles, puisqu'ils adapteront
constamment leur production aux besoins de leur
clientèle, sans souci de rentabilité.
De cette période, ils conserveront une
originalité dans leur production qui les
amènera à concevoir des engins que personne
d'autre n'osera concevoir.
Le premier moteur fabriqué en 1919 vise un
objectif essentiel : le faible coût. Il s'agit
de la "roue motrice" de 117 cm3,
adaptable sur tous vélos et fabriqué sous
licence anglaise "Autowheel".
 Ce même
moteur équipera par la suite
l' "Automouche", tricycle
déphasé par rapport aux habitudes motocyclistes
de l'époque (mais permettant sans doute,
toujours, une utilisation par les premiers
clients de la marque).
Il est ensuite utilisé sur le
"Vélauto" : Premier scooter de
l'histoire doté, ce n'est pas anodin, d'une
suspension arrière.
En 1922 Monet & Goyon obtiennent la
licence pour la fabrication d'un moteur deux
temps Villiers de 270 cm3 qui remplacera
avantageusement le précédent et qui équipera
aussi bien la production existante (Vélauto,
Automouche) que des motos plus traditionnelles.
De
manière assez inattendue par rapport à la
philosophie générale de la société, Monet
& Goyon sort en 1924 un modèle sportif, la
"ZS" à moteur Villiers à double
échappement, d'une cylindrée ramenée à 175
cm3 pour seulement 50 kg. Dès 1925, celle-ci
reçoit le Villiers spécial dit "Brooklands
T.T." facile à gonfler équipé de pots de
détentes surnommés en France
"haricot ", en raison de leur
forme. Le "monstre" rouge vif va
connaître une carrière éblouissante avec
quatre titres de Champion de France de vitesse
(1924, 25, 26, 27), 3 Grand Prix de France (1927,
28, 29), 4 Grand Prix de lU.M.F. (1924, 25,
27, 29), 4 victoires au Mont Ventoux (1924, 25,
28, 29) et 20 records du Monde en 1924, 25 et 29.
Les pilotes maison qui chevauchèrent la bête
furent Louis Janin, Albert Sourdot, Hommaire,
Gaussorgues
sans compter tous les amateurs
qui soffrirent ce bijou.
Vers 1927, la production se diversifie avec le
montage de moteurs 4 temps de marque MAG
(Suisse). La firme Motosacoche (MAG pour les
moteurs) prêtera même des motos usines à son
excellent client, simplement estampillées
Monet-Goyon.
En
1928, la Fédération Française croit bon de
limiter l'accession au championnat de France à
des motos de fabrication 100% française, alors
que Monet-Goyon ne monte que des moteurs Villiers
anglais et MAG suisse.
La firme rachète alors Koehler-Escoffier en
difficulté, et les productions des deux marques
auront tendance à s'uniformiser. Ce rachat
permet à Monet-Goyon de maintenir son service
course en sattachant les services de
Raymond Guiguet, assisté par Marcel Château, et
ses fameux monocylindres à A.C.T. qui glaneront
encore de nombreux lauriers. De plus Monet-Goyon
réussit à convaincre Clément-Bayard
dacquérir la licence anglaise des boîtes
de vitesses Sturmey-Archer qui seront produites
à Charleville-Mézierres sous la marque "La
Macérienne". Ainsi les Monet-Goyon
deviennent "Made in France".
La "ZS", elle sera alors homologuée
en catégorie tourisme où elle continuera à
dominer son sujet jusquen 1939. On trouvera
aussi en catégorie 250 et 350 cm3,
indifférement des Monet-Goyon ou
Koelher-Escoffier, équipées de moteurs Rudge
Python à 4 soupapes radiales carters magnésium
ou non, et des Rudge 4 soupapes. Les pilotes de
lépoque pour les deux marques sont Charles
Barthélèmy, Bourquin, Château, Durand, Jarrot,
Liautaud, Georges Monneret
et un certain
Benjamin Savoye, futur Champion de France de
vitesse.
En 1937
apparaît une suspension arrière, type
"Champion de France" sur les 350 et
500.
Mais la guerre arrive, encore une, et la
production se tourne alors vers la fourniture de
side-cars aux armées.
Cet étrange engin hybride sorti en 1941 avait
peut-être la même destination ? Rien n'est
moins sur si l'on considère sa présentation,
plutôt luxueuse.
A la fin de la seconde guerre, ce sont les
petites cylindrées qui accaparent la production
avec des moteurs Villiers deux temps et des motos
identiques diffusées indifféremment sous les
marques Monet-Goyon ou Koehler-Escoffier.
Comme beaucoup d'autres, la marque ne
résistera pas à l'apparition des voitures à
bon marché et fermera ses portes en 1959.
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| 1919 |
BLERIOT
- (Suresnes) |
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Même
si votre centre d'intérêt principal est la
moto, vous n'êtes pas sans savoir que Louis
Blériot fut le premier à traverser la manche
avec un avion de sa propre fabrication.
Fort de sa réputation, il décida, en 1918, de
fabriquer une moto de sa propre conception.On
pourra dire ce que l'on veut mais moi, je la
trouve belle, cette moto.
C'est peut-être sa seule qualité, d'ailleurs
puisque, bien que dotée d'un bloc-moteur
"vertical-twin" face à la route et à
culasse en "T" (solutions que l'on
connaissait déjà). Elle était lente et surtout
peu fiable.
Si Blériot avait dû équiper son avion avec
un moteur similaire, il ne serait jamais passé
à la postérité.
En 1923, après avoir présenté un modèle au
cadre similaire, mais à moteur 750 cm3 deux
temps, il arrêtera les frais avant de retourner
... faire la manche.
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C'est en 1919 que commence l'histoire de D.F.R.,
fondée par Désert et De Font-Réaulx, qui avait
déjà l'idée de fabriquer des motos bon marché
et néanmoins performantes. Ses premiers modèles
sont équipés de 250 et 350 cm3 deux temps
conçus par Emile Train. Les différents modèles
qui se succèderont seront équipés de moteurs
d'origine Madoz, Bradshaw (à refroidissement par
huile), Blackburne, MAG....En 1926, D.F.R. est
rachetée par Dresh. L'un des derniers modèles
fabriqués, en 1931, est quasiment identique à
la Dresh bicylindre contemporaine.
En 1933, Pierre De Font-Réaulx quitte la marque.
La marque perdurera, semble-t-il, jusqu'en 1934.
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A
ses débuts, la spécialité de Gnôme et Rhône
était la fabrication de moteurs d'avions.
Spécialité qui demande une grande rigueur dans
la fabrication et que l'on retrouvera bientôt
sur ses motos.Née en 1914, la firme
britannique ABC Motors Ltd tente vainement de
vendre une moto originale à moteur flat twin de
398 cm3 à soupapes en tête.
Désireuse de se lancer dans l'aventure
motocycliste, Gnôme et Rhône acquiert la
licence ABC pour la France. Si les machines
anglaises se révélèrent peu fiables, la
vigilance du capitaine Bartlett permit
dobtenir des machines qui ne connurent pas
les mêmes problèmes et se distinguèrent même
en épreuves dendurance en France aux mains
de Bartlette et Naas.
A partir de 1923, la marque conçoit ses
propres modèles, des monocylindres à soupapes
latérales dans un premier temps, puis culbutées
par la suite. Elles évolueront progressivement
jusqu'à devenir des modèles sportifs, telle la
splendide "CM2" de 1934, ci-contre.
A
partir de 1930, et parallèlement aux
monocylindres, commence la série des
"flat-twin", telles les "V"
(latérales 500), "CV" (culbutées 500)
ou "X" ( 750 ) à cadre en tôle
emboutie.
On a généralement de ces motos une image
utilitaire ... qui est très éloignée de la
réalité puisqu'elles étaient en fait luxueuses
et sportives, au point de ne pas craindre la
concurrence venue d'outre-manche : En 1937, une
Gnôme et Rhône dérivée de la série battra à
Monthléry 24 records du monde aux mains de
Georges Monneret, dont les 12 heures à 146 km/h
de moyenne !
A l'approche de la guerre - la seconde - les
études se tournèrent vers des motos plus
calmes, à soupapes latérales à destination
militaire, qui sonnèrent le glas de la période
"sportive" de la firme.
Après la seconde guerre mondiale, la
production se concentre sur les petites
cylindrées (100, 125 et 175 cm3) à cadre
tubulaire : C'est la
"série R" qui glanera encore de
bons résultats en compétition notamment au Bol
dOr 1956 (24 heures) qui vit la victoire et
le record de la catégorie 175 course pour Court
et Dagan (2.298 km à 95,781 km/h de moyenne), et
la victoire en 175 série pour Rivard et Vaugris
(2.044, 458 km à la moyenne de 85,185 km/h).
Après la seconde guerre mondiale, la
société se trouve en difficulté et est reprise
par la SNECMA.
La production se concentre alors sur des petites
cylindrées (100 et 125 cm3) à cadre tubulaire :
C'est la "série R".
En 1947, une 500 cm3 bicylindre vertical, qui
aurait été étudié par Gabriel VOISIN fut mise
en oeuvre, mais elle ne dépassa pas le stade de
prototype.
Après 1959, la société SNECMA, cesse la
fabrication des motos pour mieux se concentrer
sur la production des réacteurs et des turbines
d'hélicoptère.
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Soyer,
qui a équipé nombre de ses modèles de moteurs
les plus divers (Aubier-Dunne, Sturmey-Archer,
Chaise, JAP), aurait fait partie des innombrables
assembleurs s'il n'avait eu un jour l'idée de
produire ses propres groupes propulseurs.Pas
n'importe lesquels, puisqu'ils adoptent une
distribution quasiment unique, dite "à
plateaux" :
- Prenez une commande d'A.C.T. à arbre vertical.
- Remplacez le renvoi d'angle qui commande
l'arbre à cames par une came circulaire.
- Celle-ci commande des basculeurs agissant sur
les soupapes.
C'est simple et efficace.
Au
salon doctobre 1928, la firme Soyer
présente un nouveau bloc moteur en 348 et 465
cm3 exactement. Ces blocs ont pour particularité
dêtre à carter sec (le réservoir
dhuile venu de fonderie fait partie du bloc
moteur inférieur) tandis quune pompe
double à huile à engrenages assure la
circulation entre le réservoir inférieur et le
bloc moteur. Voila qui nous change des habituels
systèmes par "barbotage" de la
concurrence ! Fin du fin : lACT peut être
échangé en moins dun quart dheure
en arbre spécial pour la course.
Les moteurs ACT Soyer sont dus à Walter
Frauenfelder, né en 1892, ingénieur Suisse
élève du Politechnicum de Zürich, ex chef du
bureau détude Farman (aviation). Il entre
chez Sigma en 1925, dirige lusine de
Courbevoie et la réalisation des nouveaux
modèles Soyer.
Malgré ces magnifiques moteurs, la marque
disparaît en 1937.
Le plus étonnant, dans l'histoire, c'est que
les japonais qui ont exhumé nombre de
"vieilleries" - des bonnes comme des
pires - n'aient jamais été inspirés par ce
type de distribution. Soit ils ne connaissent pas
encore mon site, soit ils ne parlent pas
français :-)
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| 1920 |
LIBERIA
- (Grenoble) |
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La firme,
fondée en 1920 par Antoine Biboud (ancien de
chez Magnat-Debon), commence, comme beaucoup
d'autres, par la fabrication de bicyclettes.C'est
en 1929 que commence la fabrication de motos qui
ne se distinguent guère de la concurrence et
sont équipées de moteurs JAP de 350 cm3
monocylindres à soupapes latérales.
En 1933, la firme produit, en parallèle, des
vélomoteurs (plus exactement, des B.M.A.)
équipées de moteurs Aubier-Dune de 100 cm3,
puis Ultima ou Lavalette, dont la production
reste très faible.
Au sortir de la guerre, en 1945, la production
reprend et la marque proposera rapidement une
gamme de motos allant de 125 à 250 cm3,
équipées de moteurs 4 temps culbutés AMC ou 2
temps Sachs. Mais ce sont les moteurs Ydral qui
seront les plus utilisés.
Les ventes commenceront alors à
"décoller" grâce aux exportations,
pratique peu usitée à l'époque.
A partir de 1950, la production se diversifie
avec des cyclomoteurs et des scooters (1951),
puis des cyclo-sport (1953), dont Libéria semble
bien avoir été un des pionniers.
C'est
surtout en 1957 que la marque se distingue en
remportant la catégorie 175 course au Bol d'Or,
pilotée par Gilbert Guignabodet et Georges
Agache. Ce dernier sera pour beaucoup dans le
développement de cette remarquable machine,
très basse, dotée d'un cadre à double berceau
et d'un carénage - formé à la main - que
beaucoup de grandes marques lui auraient envié.
Mais il est déjà trop tard. Le marché de la
moto est en train de péricliter.
Libéria conçoit encore en 1960 une très belle
125 à moteur 2 temps horizontal, desservie par
une boite à seulement 2 vitesses, puis en 1963
une 175 de facture plus classique, mais sans
saveur.
En 1986, après avoir produit encore quelques
cyclos, toute production de "2 roues"
motorisés sera arrêtée. Ce sera tout de même
une des dernières marques indépendantes à
avoir survécu. Maigre consolation !
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Après
Train, Chaise fait partie des grands motoristes
de l'entre-deux-guerres. Maurice Chaise naquit
commence sa carrière comme chef des fabrications
de 1907 à 1921 chez Moteurs "Le
Rhône " (qui deviendra Gnôme et
Rhône). Il fonde sa société dès 1921 et
devient motoriste pour différentes marques de
motos qui n'auraient pas pu exister sans ces
fabricants de moteurs à l'imagination
débordante, capables de réaliser des
chefs-duvre avec des moyens limités.
Chaise, qui faisait partie de l'Omnium
Métallurgique et Industriel, aura une production
basée principalement sur des monocylindres
culbutés. Quelques exemplaires à arbre à cames
en tête verront également le jour.
Le
summum de la production Chaise est un quatre
cylindres longitudinal en "V" très
fermé (14°) qui présente l'avantage énorme
d'une grande compacité (Idée qui sera reprise
50 ans plus tard en automobile, par Lancia, sur
sa Fulvia).
Ce moteur a été produit en plusieurs versions
(500, 750...), parfois en un seul exemplaire.
Initialement prévu pour équiper les Majestic,
il a également été proposé sur des Dollar
(les deux marques appartenaient alors toutes deux
à Delachanal). Le seul exemplaire de moto encore
existante équipée de ce moteur est une Dollar
750.
Chaise ne s'est cependant pas limité aux
moteurs de motos : Il produira pour le
motonautisme ou l'aviation, comme le 4 cylindres
en carré ci-contre.
De même que Train, la marque Chaise
disparaîtra en 1939.
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Les origines de la
marque Dollar remonte à 1850 : Les Ets Foucher
et Delachanal sont alors spécialisés dans la
serrurerie et la mécanique de précision.En
1890 l'entreprise se lance dans la construction
de cycles sous la marque "Omnium
Spencer". Elle changera plusieurs fois de
raison sociale : "L.Delachanal" en
1914, puis "Savara" en 1922, dirigée
par M.Meneau, ancien directeur commercial de
Clément-Gladiator
Parallèlement à la construction des
bicyclettes "Omnium" sont lancés les
cycles "Dollar". Nom étrange pour une
marque Française, qui se justifie par la vogue
que connaissent alors "les Amériques".
Pour pousser un peu plus loin la ressemblance,
Dollar ira jusqu'à adopter comme symbole une
tête d'indien.
Dans le même genre, on connaîtra également en
France, les marques "Styl'Son",
"New Map" et "Majestic".
La première moto "Dollar" est une
125cm3 présentée au salon d'octobre 1923
(modèle 1924) de construction très classique.
Elle se distingue de la concurrence par sa
motorisation, qui adopte un bloc-moteur Moser
(Pontarlier) quatre-temps à culbuteurs
En 1926, Dollar propose une gamme de 12
modèles plus un triporteur, tous à moteur
Moser. La marque fait peu de publicité mais
remporte de nombreux succès sportifs :
Paris-Nice, Six jours d'hiver, records du monde
...
Lorsqu'en 1927, Maurice Chaise présente son
moteur à arbres à cames en tête et culasse
hémisphérique, Dollar est le seul à en
équiper ses motos. Il était peut-être jugé
trop révolutionnaire par la concurrence.
Il semble pourtant que Dollar ait été bien
inspiré, puisque l'année suivante, pas moins de
30 constructeurs proposent une telle
motorisation.
En 1928, l'usine déménage dans une nouvelle
usine, plus vaste, à Joinville-Le-Pont. Ce qui
annonce des nouveautés.
Dans
un premier temps, celles-ci consistent
principalement en l'adoption de réservoirs en
selle et l'abandon des vieux moteurs Moser au
profit de "J.A.P." anglais.
En 1930, Dollar propose simultanément à ces
derniers les nouveaux Chaise culbutés. Politique
commerciale pour le moins étrange.
Plus
importante est l'évolution du cadre avec une
partie supérieure composée d'une poutre
matricée (une telle architecture n'eut pas été
possible dans les anciens locaux, trop étriqués
: Une telle réalisation nécessite des machines
d'un volume conséquent) mais surtout une
transmission par cardan, proposée sur les
modèles à blocs moteurs Chaise culbutés.
Dollar ne compte pas s'arrêter en si bon
chemin. Pour 1931 (salon d'octobre 1930) elle
étend sa gamme avec, tout en bas, des BMA
équipées de 100 cm3 appelées
"Mobilette" et tout en haut la 4
cylindres en "V" de 500 cm3 (moteur qui
équipait déjà, l'année précédente, la
Majestic).
Côté partie cycle, il est possible d'équiper
les 500 SS d'une suspension arrière coulissante
et hydraulique.
Dès la fin de l'année 31, la gamme va être
simplifiée, avec l'abandon des vieux 2 temps,
des 350 à moteur JAP à soupapes latérales et
du 500 Chaise à A.C.T.
Mais la firme est endettée et est reprise par
l'Omnium Métalurgique et Industriel", qui a
déjà absorbé Chaise.
L'O.M.T. ne tardera pas à mettre de l'ordre dans
la gamme Dollar, pléthorique et redondante, et
à supprimer du catalogue les modèles haut de
gamme.
Etrangement,en
1932, les B.M.A. ne sont plus proposées au
catalogue (alors qu'elles seront commercialisées
jusqu'en 1935). Par contre, l'O.M.T. se tourne
vers l'armée à laquelle elle fournira un
dérivé de ses "R2" de 350 cm3 qu'elle
commercialisera alors sous la dénomination
"Type Armée Française".
Mais la politique de l'O.M.T. ne semble guère
plus cohérente que celle tenue initialement par
Delachanal, puisqu'au salon 1932, les vedettes du
stand sont une splendide 750 "V4" -
moteur dérivé du précédent 500 - et une 123
cm3. Toutes deux à transmission par ... cardan.
Il semble bien, en fait, qu'elles n'aient été
exposées que dans le but d'attirer le chaland.
Jusqu'en 1936 la gamme n'évolue guère qu'à
coups de variantes, à l'exception de la P35 de
1935, modèle économique au cadre entièrement
en tubes.
Pour 1937 sont proposés des modèles
entièrement nouveaux , les R36 (350 cm3) et S536
(500 cm3), culbutées à bloc moteur sans volant
extérieur, cylindre incliné et boite 4
vitesses. Mais on supprime les B.M.A., qui
permettent pourtant à Motobécane, Terrot,
Peugeot ... de survivre.
A partir de cette date, les prix des motos de la
marque ne cesseront de grimper. A la déclaration
de la guerre, l'O.M.T. cesse la fabrication des
motos qui ont figuré parmi les plus belles
productions françaises.
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Il eut été tentant de classer Motobécane
parmi les pionniers de la moto en France.
Pourtant, ce n'est qu'en 1924, le 11 décembre, que Jules
Benezech signe le brevet 664.099 déposant la marque "Société des
Ateliers de la Motobécane" dans laquelle sont associés Abel
Bardin, Charles Benoit, Jules Benezech, Jean Terouache, Pierre
Doranjou et Henri Marchal. Le premier conseil d'administration
élira Abel Bardin au poste de directeur général.
(Précisions concernant la constitution de la Société
Motobécane aimable apportées par Didier Mahister).Au préalable,
Charles Benoit et Abel Bardin avaient conçu un
prototype de voiturette. Ce dernier prendra feu
et le projet est abandonné. Dire que Motobécane
aurait pu devenir constructeur automobile !
Après
cette tentative, le projet est abandonné, et on
passe au suivant, très proche de ce que sera
bientôt la "MB1" à moteur
monocylindre 2 temps, dont la construction en
série débute en 1924 et restera quasiment
inchangée jusqu'en 1929. Certains ont beau
critiquer la fiabilité des Motobécane, il
n'empêche que l'on trouve encore de ces MB1 dans
les bourses d'échange !
En 1926, apparaît la 308 - toujours
monocylindre 2 temps - sous la marque
Motoconfort. Cette nouvelle marque ayant été
créée afin d'éviter, si la 308 ne donnait pas
satisfaction, de porter ombrage à la MB1, dont
les ventes se portaient alors fort bien. Les
productions des deux firmes seront rapidement
unifiées, permettant de dédoubler les réseaux
d'agents exclusifs, auxquels on propose pourtant
des productions similaires.
La production de monocylindres 2 temps se
perpétuera jusqu'en 1939, avec la 175 B2A qui
avait, cependant, un air plus cossu que ses
ancêtres.
Entre temps, Motobécane
diversifie sa production, tout d'abord en
présentant, au salon de Paris 1929, une 500
quatre cylindres à soupapes latérales, aux
piètres performances puisqu'elle n'était pas
plus rapide que les monocylindres de cylindrée
similaire et qu'elle chauffait de manière
excessive. Seule une dizaine de ces motos seront
commercialisées.
Mais Motobécane ne désarme pas : l'année
suivante, il présente une nouvelle 4 cylindres
profondément remaniée et équipée d'un arbre
à cames en tête et d'une cylindrée de 750 cm3
dénommée "B7". Bien qu'elle soit
restée deux ans au catalogue, elle sera livrée
en peu d'exemplaires et sa mise au point ne sera
jamais vraiment menée à terme.
Ces
opérations de prestige n'ayant pas abouti, il
est alors temps de penser à la production et
Motobécane se tourne vers le monocylindre 4
temps qu'il commercialise à partir de 1930, avec
les fameux "blocs B" 4 temps qui
existeront aussi bien en version "soupapes
latérales" ou "soupapes en tête"
allant de 175 à 500 cm3, mais qui auront tous un
bloc-moteur. Solution relativement rare en ces
temps reculés.
La plus élaborée d'entre elles sera la B5C - GS
à 4 soupapes qui apparaîtra en série
(limitée) en 1933, et dont le prototype a
remporté le Bol d'Or en 1932.
La série des "blocs B" sera
rapidement remplacée puisque dès 1934, on voit
apparaître les "séries S et R". Le
"S" correspondant aux versions
sportives et le "R" aux routières. Ils
seront également déclinés en plusieurs
versions à soupapes en tête ou latérales, à
simple ou double sortie d'échappement, voire,
encore une fois en quatre soupapes. Les fameuses
"superculasses" font également partie
de la lignée des "blocs S & R".
Mais pour
Motobécane comme pour les autres marques, la
seconde guerre approche et il n'est plus temps de
penser aux innovations.
Après celle-ci, la fabrication des
"grosses cylindrées" reprend avec les
"superculasses", quelque peu remaniées
par l'adoption d'une fourche télescopique à
l'avant et d'une suspension à l'arrière.
On peut toujours critiquer le fait que
Motobécane n'ait pas essayé de faire mieux dans
le domaine du "gros mono" mais elle eut
au moins le mérite d'en relancer la production.
Ce que bien d'autres ne tenteront même pas de
faire.
D'ailleurs, Motobécane est le seul français,
après guerre, à avoir déployé des efforts
afin de produire un bicylindre. Dès le salon de
1947 il présente une bicylindre en V à 45°, la
"V4C" - nom étrange pour un V2 - qui
restera malheureusement au stade du prototype, la
firme ayant probablement jugé qu'il valait mieux
se consacrer à la production des petites motos,
en l'occurrence, la "D45" qui était
sortie en 1945, et qui aura une longue
descendance, jusqu'aux "Z23C".
Mais
l'ensemble de la production sera bientôt
occulté par l'apparition, en 1949, de la
"Mobylette", increvable, capable de
monter à peu près n'importe quoi, elle
atteindra un chiffre record de production avec 14
millions d'exemplaires. Probablement critiquable
et perfectible, on ne peut, néanmoins, ne pas
parler de "coup de génie". Trop,
peut-être ... au point que la firme de Pantin
s'endormira sur ce succès commercial et se
réveillera trop tard.
Pour autant, après l'échec de la
"V4C", Motobécane tente encore, en
1954, de lancer sur le marché un nouveau
bicylindre : la "L4C" à l'architecture
particulière puisqu'il s'agit probablement du
seul bicylindre parallèle en "V". Ce
n'est pas une erreur de frappe : Le moteur
utilise un seul maneton pour les 2 bielles
(typique du "V-twin") et pourtant, ses
cylindres sont parallèles. N'étant pas
suffisamment compétent en la matière, je ne
m'avancerais pas à critiquer une telle
disposition. Quoi qu'il en soit, la moto ne
connaîtra pas un succès retentissant.
Il est vrai,
aussi, que le marché de la moto n'est pas au
mieux, concurrencé qu'il est par des voitures
proposées à des prix de plus en plus attractifs
telles que les 2CV et 4CV.
En 1969, le marché de la moto reprend
doucement grâce, il faut bien le dire, à
l'impulsion des japonais. Motobécane est le seul
constructeur français à essayer de
"raccrocher les wagons" en sortant sa
bicylindre 125-LT. Elle n'était pas forcément
dépassée lors de sa sortie, mais les temps ont
changé et les modèles de la concurrence
évoluent rapidement, tout au moins
extérieurement. Par ailleurs, on tardera à
adopter un graissage séparé alors que peu de
motards acceptent encore de salir leurs mains
pour réaliser leur mélange !
Pourtant Motobécane ne baissera pas les bras
et engagera la machine en Grand-Prix en
collaboration avec des gens comme Offenstadt,
Marandet ou Bidalot et finira par décrocher une
place de deuxième au Championnat du Monde à la
fin des années '70 avec un moteur qui, il est
vrai, n'avait plus grand chose à voir avec celui
de série.
Entre temps,
Motobécane se sera lancé, en 1973, dans la
production de son tricylindre 350 cm3
deux temps, qui a fait couler beaucoup d'encre.
Le plus gros défaut de cette moto était son
équipement trop sophistiqué, avec une fourche,
des amortisseurs, un phare et des freins de
qualité. Ce qui impliquait un prix de vente trop
important par rapport à la concurrence. C'est
oublier un peu vite que, pour amener une
japonaise au même niveau d'équipement, il
aurait fallu dépenser nettement plus. Mais la
plus grande erreur de Motobécane réside
probablement dans le choix du nombre de
cylindres. Non pas qu'il soit critiquable
techniquement, mais parce que cela amenait
implicitement à effectuer une comparaison avec
les Kawasaki contemporaines que nul en pouvait
approcher en performances.
Pour combler leur handicap, les techniciens
français se lancèrent alors, en collaboration
avec, Bosch, dans le développement de
l'injection. Développement qui n'arrivera jamais
à son terme. Mais ils n'ont pas à en rougir :
L'injection sur le 2 temps, on cherche encore les
solutions ...
Quoi qu'il en soit, la 350 Motobécane était
tout sauf mauvaise et les employés de
Motobécane se sont battus jusqu'au bout pour
conserver leur entreprise. Rien que pour cela,
ils méritent largement le respect.
Après un rapprochement avec le groupe Guzzi /
Benelli, Motobécane dépose le bilan en 1981.
Elle existe toujours, sous le nom de
"MBK", mais ses capitaux sont japonais.
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| 1927 |
C.P.
ROLEO- ( Paris - XI ) |
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Née entre les années
'70 et '90, elle serait "mythique".
Elle a eu le tort de naître trop tôt, dans
l'Est, à quelques kilomètres de Nancy.
Mais songez qu'il s'agit en même temps de
l'ancêtre des cadres "Seeley", des
Norton "John-Player" et subséquemment,
des Suzuki "GSX-R" (le plus important,
dans le cas de cette dernière étant
indéniablement le "R").Appréciation
abusive, penserez-vous ! Etonnamment pas si l'on
se base sur les caractéristiques de son
châssis, puisque, comme sur les Seeley, le cadre
rejoint en droite ligne la colonne de direction
à la roue arrière, et comme sur les Norton
"John-Player" et Suzuki
"GSX-R", il est composé de deux
longerons principaux.
On mettra pas mal de temps avant de revenir à de
tels concepts !
Elle aura le tort, toutefois, et malgré sa
deuxième place au Bol d'Or 1928, d'être
équipée de moteurs qui n'étaient pas à la
hauteur de sa partie cycle : 2 temps de
différentes cylindrées, puis 350 et 500 LMP,
surtout réputés pour leur fiabilité.
La marque disparaîtra en 1939.
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Majestic fait
partie de ces marques qui démontrent
l'inventivité des constructeurs français dans
la période se situant entre les deux guerres.Né
en 1888 à Thuré, Georges Roy est un
motocycliste de la première heure : Il débute
sur une vieille Werner.
Il entreprend en 1923 la fabrication de la
"New-Motorcycle", à Orléans, puis à
Chartenay (Chatenay-Malabry aujourdhui).
Pas découragé par les faibles ventes de ses
premières motos, Georges Roy pousse encore plus
loin son idée de "moto-voiture".
En octobre 1929, il présente son premier
modèle de Majestic dont la totalité des
éléments mécaniques et du châssis - composé
de deux longerons - sont enveloppés dans une
carrosserie en tôle dacier embouti muni
douïes. La roue avant est dirigée par un
moyeu AYA articulé par une rotule montée
coulissante (suspension). La transmission finale
est assurée par arbre et cardan. En y regardant
de plus près, elle préfigure les scooters de
forte cylindrée qui commencent, en l'an 2000, à
connaître un certain succès.
Mais il était trop tôt, dans les années 30
pour un tel concept : Georges Roy ayant réalisé
son rêve passe un accord commercial avec les Ets
Delachanal (marque Dollar), qui vont produire les
Majestic. En 1931, l'Omnium Métallurgique et
Industriel possesseur de Chaise, absorbe Dollar
très fortement endetté, et décide de jeter
léponge en 1933 car les Majestic sont trop
onéreuses à produire et destinées à une
clientèle trop exceptionnelle, voire improbable.
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Dés 1918, à
seulement 17 ans, Marcel Guiguet réalise sa
première moto et établit les plans d'un moteur
dont il terminera la mise au point en 1920.En
1923, il devient mécanicien chez un constructeur
de poids lourds lyonnais. Il occupera par la
suite des postes similaires chez Hispano-Suiza,
puis Gnôme et Rhône.
En 1927, il transforme la menuiserie familiale
en atelier de réparation de motos.
C'est en 1929
qu'il réalise les premiers prototypes de sa
fameuse moto, déjà dotée d'un cadre coque en
alpax (on dirait aujourd'hui : aluminium).
Elles seront successivement équipées de moteurs
JAP ou Chaise d'une cylindrée allant de 250 à
600 cm3.
Bien que d'une conception remarquable et malgré
leurs nombreuses victoires en compétition, les
MGC ne connaîtront pas une grande diffusion,
limitant ainsi l'expansion de la société :
Onéreuses à fabriquer, elles conserveront un
prix de vente élevé, même lorsqu'elles seront
vendues à perte.
En 1938, il réalise, en grande partie grâce
au soutien financier et aux forges de Pierre
Collignon - par ailleurs coureur motocycliste
amateur de très bon niveau - un moteur à quatre
cylindres, dont il équipera une de ses motos.
Pour rester dans l'originalité, les cylindres de
celui-ci sont inversés (la culasse se trouve en
bas) et la puissance n'est pas transmise par le
vilebrequin, mais par l'arbre à cames.
Malheureusement, la conjoncture ne permettra
jamais à la SARL Marcel Guiguet & Compagnie
de "décoller" et, la mort dans
lâme, Marcel arrête toute diffusion en
1937. La dernière MGC sortira des ateliers de
Corbelin en 1943.
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C'est
en 1930, à Viry, que Roger Derny, ancien pilote moto ayant
remporté la course de côte du Mont-Ventoux en 1902 sur une
Clément-Gladiator, fonde la marque à laquelle il donne son nom.
Sa production est alors essentiellement dédiée à des engins à
l'aspect pour le moins inhabituel, inspiré de la production
cycliste et destinés à entraîner des coureurs à vélo dans des
compétitions sur piste "de demi-fond" ou des courses sur route
telles que le "Bordeaux-Paris". Course qui donnera son nom à
plusieurs modèles issus de l'usine Derny. Bien que le marché
n'ai pas été fermé au "grand-public", Derny occupera dans le
domaine des motos destinées à l'entraînement des coureurs à vélo
un quasi-monopole, qui assurera la prospérité de l'entreprise.
S'étant
en quelques sortes spécialisé dans la production d'engin "hors
normes", sinon marginaux, Derny concevra également des tandems
motorisés, pour lesquels, le moteur ayant des performances
sommes toutes limitées, la propulsion musculaire des passagers
jouait un rôle non négligeable. Une manière comme une autre de
perpétrer la tradition cycliste de la firme.
Mais
le marasme qui touchera ne monde du deux roues n'épargnera pas
Derny. Aussi, en 1953 apparaît avec le "BB1", puis les modèles
"Baby", à l'aspect plus traditionnel, s'adressant à une plus
large clientèle. En 1956, désireux de marquer un grand coup,
l'usine fait dessiner par Roger Tallon un modèle avant-gardiste,
rompant avec la production traditionnelle de la marque : Le
"Taon". Outre des défauts de jeunesse (sélection des vitesses à
main imprécise), ce modèle pâtira essentiellement d'un réseau de
vente quasiment inexistant. Ce sera le chant du cygne de la
firme qui déposera le bilan en 1957.
(Photos aimablement transmises par
Jean-Paul Juge, jeune passionné de 75 ans. Avec tous mes
remerciements) |
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Dès 1930
Giuseppe Remondini, jeune ingénieur italien,
fonde sa propre marque : les Constructions
Mécaniques Remondini Père & Fils. Mais en
1932, il est déjà en faillite et ne pourra
continuer son entreprise que grâce à l'apport
financier de Tito Jonghi, d'origine argentine,
qui va imposer le transfert des activités en
France. En 1933, la firme connaît de nouveaux
déboires financiers et sera sauvée par les
frères Eichel. C'est à cette époque que sont
conçues les premières motos réellement
remarquables de Jonghi, avec des 250 et 350 cm3
de compétition à double A.C.T.
De tumultueuse, l'histoire de Jonghi deviendra
bientôt dramatique, puisque les frères Eichel
disparaîtront en déportation pendant la
deuxième guerre mondiale.A la fin de
celle-ci, Remondini est toujours directeur
technique et concepteur des motos, mais la marque
est reprise par la S.A.T.A.M. et va se lancer
dans la production de petites cylindrées simples
et bon marché dans un premier temps.
Mais c'est surtout le modèle 125 à A.C.T. qui
fera la renommée de la marque : Songez qu'elle
était capable de 130 km/heures en 1950 !
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Il existe en France une liste
quasiment innombrable de marques possédant une
aura qui touche, pour certains, quasiment au
fanatisme. A juste titre, n'en doutons pas. Parmi
ces marques figurent Jonghi et Nougier, mais
également "Dax" qui, à l'inverse de
ses contemporaines, n'a jamais acquis de grands
résultats en compétition. Le fait qu'elle ait
fait partie des marques préférées de Serge
Pozzoli lui permettrait peut être d'accéder
directement à un certain "Panthéon".
Ce qui ne saurait être suffisant puisqu'il ne
s'agit, finalement, que de l'avis d'une seule
personne. Aussi compétente soit-elle !
Non
seulement la marque n'obtint pas de résultats
importants en compétition, mais en plus, son
histoire est quelque peu tortueuse : En
1920, F.Désert et P. de Font-Réaulx fondent une
marque de moto à laquelle ils donnent leurs
initiales : D.F.R.(voir ci-dessus). Ils
s'associent en 1927 à Henri Dresch (pour plus de
détails concernant ces deux marques, se
référer aux sites susmentionnés). Leur idée
a toujours été de fournir des motos simples,
robustes, à un prix raisonnable, mais de grande
qualité. Ce qu'ils n'eurent de cesse de
réaliser.
Apparemment en désaccord avec ses associés,
Pierre de Font-Réaulx s'associe avec Robert
Dahan pour créer Dax, qui n'est rien d'autre que
la ville dont R.Dahan est originaire. Pour ceux
qui en douteraient, cette marque n'a rien à voir
avec la moitié de moto créée récemment par
Honda !
Dax présente au salon de Paris 1932 sa première
moto : Une 350 cm3 de très belle
facture, qui enthousiasme la presse par sa
finition et ses solutions techniques (voir
ci-dessous).
Dès 1934, la gamme est composée de 3 modèles :
Deux 350 cm3 (mono ou double échappement) et une
175 cm3, 2 temps.
En 1935 apparaît une 100 cm3, la
"Baby" et une 500 cm3, la
"Rafale". Apparemment, cette dernière
n'a jamais atteint le stade de la série. Les 350
se déclinent alors en trois versions :
"Sport", "Grand-Sport" et
"Grand-Tourisme".
A l'exception de la 175, toutes les Dax étaient
équipées de monocylindres 4 temps
"maison".
En 1936, la marque disparaît. Courte carrière,
donc, pour cette marque, qui aura pourtant eu le
temps de marquer les esprits : Pierre de
Font-Réaulx persistera pour leur fabrication
dans ses idées de qualité et de simplicité de
maintenance, y compris pour le 100 cm3. Ces
idées seront dans ce cas poussé à l'extrême
et ses motos atteindront une
quasi-perfection : Il n'est qu'à lire
l'article d'époque paru dans Moto Journal pour
s'en persuader.
Les deux premiers
documents ci-dessous représentent un
article paru en 1933 dans Moto-Revue.
Le troisième, une publicité d'époque.
Vous pouvez toujours l'imprimer pour
commander une Dax :-)
Cliquez sur
ces documents pour les agrandir. |
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| (Tous documents
transmis par Marc Boniface) |
La marque Dax, malgré la
qualité de sa fabrication ne va pas tarder à
disparaître, en 1936. Officiellement à cause
des grèves du Front-Populaire. Mais, si l'on
tient compte des prix de vente particulièrement
bas pour une telle qualité et le fait, si l'on
détaille la publicité, que la marque
s'engageait à effectuer des reprises afin
d'augmenter ses propres ventes, on est en droit
de se demander si, dans tous les cas, elle aurait
réellement pu être rentable.
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| 1934 |
NOUGIER
- (Saint Andiol) |
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Très
tôt attirés par la compétition, mais ayant des
moyens limités, les frères Nougier trouvèrent
une solution originale pour assouvir leur passion
: Henri, le cadet, sera le pilote et Jean,
l'aîné, le mécanicien. Le concepteur, plus
exactement puisqu'il va développer nombre de
moteurs à double A.C.T. à partir de 125 ou 175
Magnat-Debon ou Terrot les plus basiques
possibles. A ce titre, il resta connu sous le nom
de "sorcier de Saint-Andiol".Désireux
de monter en puissance et en cylindrée, il
fabriquera une 350 cm3 quatre cylindres, dont le
but avoué était de vaincre les productions
italiennes contemporaines. Sur la demande de
Pierre Collignon une 500 en est extrapolée. Bien
que divers pilotes aient pu en prendre le guidon,
seul Pierre Collignon - qui fut d'une aide
précieuse pour mener ce projet à terme -
l'amènera à la victoire. Si, probablement par
manque de développement, cette machine n'atteint
pas ses objectifs, elle n'en était certainement
pas dépourvue d'intérêt puisque les
ingénieurs de Norton se penchèrent
sérieusement sur son cas, en vue de remplacer
leur "Manx", déjà vieillissant.
Jean Nougier n'en baissa pas les bras pour
autant : En 1970, il mettait encore en oeuvre une
250 bicylindre deux temps à distributeurs
rotatifs qui deviendra championne de France 1972
aux mains d'André Kaci, devant un certain
Patrcik Pons, sur Yamaha !
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Les
relations internationales se dégradent et l'on
pressent de plus en plus l'imminence d'un grave
conflit. Les militaires commencent à fourbir
leurs armes. Il est demandé à l'ingénieur
Violet - qui vient de quitter Alcyon -
et à Paul Vincent d'étudier une moto ayant des
aptitudes en tout-terrain et permettant à des
militaires de se déplacer rapidement en terrai
dégradé.
Ils créeront pour l'occasion la Société
Sévitame (Société d'Exploitation de Véhicules
Issus de la Technique Automobile Moderne
Economique ... tout un programme) 5, boulevard de
Italiens, à Paris.Ces ingénieurs auront,
parfois, des idées étranges qui peuvent sembler
étranges. C'est le moins que l'on puisse dire
lorsque l'on voit une Sevitame, construite dans
le seul but d'équiper les troupes armées. Outre
sa partie cycle, ce qui surprend le plus dans
cette moto est son moteur deux temps aux
cylindres dirigés vers le bas et refroidi par
huit litres d'huile. Le but d'une telle
conception était probablement de faire simple, et
surtout robuste. L'idée, en ce qui concerne le
refroidissement par huile, sera reprise bien plus
tard.
Les motos de présérie seront construites,
par les usines de Simca, à Nanterre, sous la
direction d'Amédée Gordini, futur
"sorcier".
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