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Louis-Guillaume
Perreaux fabrique ce que beaucoup considèrent
aujourd'hui comme la première moto de tous les
temps.Ceux qui contestent ce fait prétextent
que le moteur qui l'équipait ne fonctionnait pas
à essence, mais à vapeur. Partant d'une telle
analyse, on peut se dire qu'en 2101, lorsque tous
les véhicules fonctionneront avec des moteurs
électriques ou atomiques, on prétendra que les
Vincent-H.R.D. n'étaient pas des motos !
On est encore très loin d'envisager la
production en série, même petite et encore la
vente au public.
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Félix Millet dépose le
22 décembre 1888 le brevet d'une
"bicyclette à pétrole" répondant au
doux nom de Soleil. elle est équipée d'un
extraordinaire moteur à 5 cylindres disposé
dans la roue arrière, développant la puissance
de 2/3 de ch et capable d'atteindre 55 km/h.Cette
"moto" (le nom n'était pas encore
inventé) fut effectivement proposée à la
clientèle à des fins "commerciale et pour
courses sur route".
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Suite à de
nombreuses recherches, il apparaît que pour réaliser son premier
moteur, Albert de Dion a fait appel aux services de Eugène Labitte (qui a été
par ailleurs à l'origine de
la moto "Dalifol" à vapeur).
Le marquis De Dion fait ensuite appel à Charles
Trépardoux (ancien Gadz'Art ayant fréquenté
l'Ecole d'Ingénieur des Arts et Métiers
d'Angers de 1868 à 1871), rarement mentionné
lorsque l'on évoque l'histoire de De Dion et
Bouton. Pourtant, c'est grâce à son diplôme
d'ingénieur que se formera la première
association entre les trois hommes, en 1883.
Par la suite, De Dion et Bouton n'eurent plus
besoin de Charles Trépardoux pour le
développement de leur société. Charles se
consola en épousant Marie-Joséphine, soeur
aînée de Georges Bouton.Les premiers
véhicules conçus par cette association étaient
mus par des moteurs à vapeur. Ce n'est qu'en
1893, dix ans après la conception de leur
premier véhicule qu'ils se reconvertissent au
pétrole.
Ils conçoivent un moteur monocylindre compact et
léger, grâce à l'emploi de l'aluminium,
atteignant le régime de 3000 tr/mn - c'est à
dire 2 à 3 fois plus rapide que la concurrence -
et délivrant la puissance de 3 1/2 ch. Il sera,
plus tard, considéré comme le premier moteur
"moderne". En effet la plupart des
moteurs "à pétrole" étaient,
jusqu'à présent, équipés de systèmes
d'allumage archaïques, De Dion et Bouton
utilisent un système à rupteur très proche de
ce que l'on connaîtra jusque dans les années
'70. Progrès qui permet une meilleure combustion
du mélange, impliquant un régime de rotation
plus élevé. Ce qui donnera à leur moteur un
avantage décisif par rapport à ceux de la
concurrence.
Si l'on trouve nombre d'ancêtres équipés de
moteurs De Dion et Bouton, telle la
"Derby" ci-contre, les motos de cette
marque sont extrêmement rares. Et pour cause :
la publicité de l'époque en déconseillait
l'utilisation sur route ouverte.
Le Comte De Dion sera l'instigateur de la
création de l'Automobile Club de France en 1895,
première institution du genre au monde.
Il créera également son propre journal :
"L'Auto-Vélo", qui deviendra
"L'Auto", aux pages d'un jaune si
caractéristique qui sera à l'origine de la
couleur du maillot du leader du Tour de France
cycliste, porté pour la première fois en 1913
sur l'étape Grenoble-Genève.
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| 1895 |
RENE
GILLET - (Montrouge) |
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C'est en 1895
que René Gillet fabrique sa première moto mais,
apparemment, ce n'est qu'en 1898 que la marque
verra le jour. C'est du moins ce que l'on en retient
généralement, mais qui, de l'aveu même des spécialistes de la
marque, n'a jamais été démontré.
Le premier brevet "René-Gillet" a été déposé à Paris en 1904.
Les premières motos sont des monocylindres
inclinées vers l'arrière, disposition
caractéristique qui sera reprise avec succès
par Indian.
Ses premiers bicylindres en "V" datent
de 1904, époque à laquelle un ami qui le
finance lui permettra de quitter son petit
atelier d'origine pour s'installer à Montrouge.
Dès 1905, le catalogue de la firme proposait déjà 9 modèles
différents, dont 5 bi-cylindres.
En
1922 apparaît la type "G" de 750 cm3,
qui n'évoluera que très lentement et sera
produite, en 750 ou 1000 cm3 mais toujours à
soupapes latérales et quasiment inchangée,
jusqu'en 1957, date de la fermeture de la firme.
A cela plusieurs raisons :
- René Gillet avait passé des contrats
importants avec les armées, qui vont freiner
considérablement l'évolution des modèles.
- En 1945 un nouveau modèle à 4 cylindres
était à l'étude. C'est malheureusement à
cette date que disparaissent René Gillet et son
frère Julien.
Particulièrement appréciées pour leur
solidité, les René Gillet ont, assez
étrangement, su faire preuve d'une certaine
originalité, particulièrement avec leur
système de freinage couplé à l'avant et à
l'arrière. Quant à la monumentale suspension
arrière, dont l'amortisseur était placé
derrière la roue, on ne sait trop qu'en
penser : Son bâti (peut-on parler de bras
oscillant ?) aurait été assez solide pour être
monté sur des camions.
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Le nombre de véhicules de tous genres :
automobiles, tricycles ou motos est déjà
suffisamment important pour que soit organisée
la première course du monde, le 11 juin
exactement, sur le parcours Paris-Bordeaux-Paris,
remporté par Emile Levassor sur une voiture de
sa conception.
Sur les 6 motos engagées, seul Georges Osmont
atteint Bordeaux après 47 heures de
"galère" au guidon de sa "Reine
Pétrolette", en fait une Ducan et Suberbie
(brevet Hildebrand et Wolfmüller) rebaptisée.Il
faut toutefois retenir qu'une course avait été
précédemment mise sur pied, en 1887, organisée
par le "Vélocipède Illustré" entre
le Pont de Neuilly et le Bois de Boulogne. Mais
on ne peut réellement la considérer comme
telle, puisqu'un seul véhicule - un tricycle à
vapeur De Dion-Bouton piloté par ce dernier - se
présenta au départ. La vitesse relevée fut
tout de même de 60 km/h.
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Ce n'est,
parait-il, pas un "scoop", mais la moto
de Monsieur Létang fait partie des modèles peu
connus de l'histoire. Si le brevet de cette moto
ne fut déposé qu'en 1898, on sait qu'elle fit
l'objet d'un test de 250 km dès 1896, sur la
route de Hénin-Liétard (Pas de Calais). Ce qui,
au passage, diffère des habitudes actuelles où
le dépôt de brevet se fait généralement avant
même le moindre test !Son concepteur a
procédé à l'inverse de ce qui se faisait
habituellement puisque, au lieu d'utiliser un
cadre de sa conception et un moteur
"préfabriqué", Létang utilisa un
cadre B.S.A. et un moteur de sa propre
conception : Monocylindre carré de
55 x 55 à soupape d'admission
automatique et allumage par bobine. Le réservoir
d'essence "Le Pratique" se trouve
dissimulé dans le panier d'osier disposé sur
le guidon.
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Charles Morel
(Grenoble), dont l'activité principale est la
fabrication de concasseurs, broyeurs, tamiseurs
... pour la chaux et le ciment, commercialise un
cycle pliant à vocation militaire, inspiré par
le lieutenant Gérard en garnison à Grenoble et
qui deviendra "La bicyclette pliante du
capitaine Gérard". Un
drôle d'engin constitué de deux bicyclettes
reliées l'une à l'autre par des tirants prendra
le nom de "Sociable".
Poussant plus loin ses investigations, il
conçoit un moteur pour propulser l'engin sous la
marque Victoriette, en hommage à la reine
Victoria.
Bien sur, vue sa configuration, il ne s'agit pas
d'une moto. Par contre, le moteur est
probablement un des premiers
"vertical-twin" de l'histoire. Il a
bien été devancé en cela par la Hildebrand et
Wolfmüller allemande, mais cette dernière
était bien plus archaïque.
Notons qu'apparemment, la prise de force
s'effectue au centre du vilebrequin, qui
comporte, par ailleurs, quatre paliers. Solutions
qui seront acquises en 1913 par Peugeot pour son
500 cm3 double A.C.T.
Ce moteur restera, malheureusement, sans
grandes suites. Etre en avance sur son temps n'a
jamais trop porté chance, particulièrement dans
le domaine de la moto.
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| 1896 |
Clément-Gladiator
- (Paris) |
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L'histoire
industrielle de Gustave-Adolphe Clément est plus
ancienne que son activité dans la moto à
proprement parler, puisqu'il fonde , dès 1878,
une Société spécialisée dans les
vélocipèdes. C'est en 1891 qu'il commencera à
faire fortune, lorsqu'il aura l'idée
d'introduire les pneumatiques en France, en se
rendant acquéreur de la licence Dunlop, pour la
somme de 50.000 F.
En 1896, il s'associe avec Gladiator et Humber
pour exploiter Clément-Gladiator, dans un
premier temps avec des tricycles à moteur
De-Dion. En 1901 apparaît la première moto -
baptisée "autocyclette" - à moteur
1 HP 1/4 signé Clément.
La marque n'en restera pas là et développera
une bicylindre qui, aux mains de Derny,
remportera en 1902 la première course de côte
du Mont-Ventoux. Un autre modèle, très
justement nommé "Berceuse" était
très en avance sur son temps puisqu'il était
entièrement suspendu grâce à des amortisseurs
à friction implantés directement sur les axes
d'articulation. Mais la plus impressionnante
réalisation restera un énorme 4 cylindres en
"V" de 1500 cm3,
capable d'une vitesse de plus de 100 km/h.
Cette marque perdurera sous cette forme jusqu'en
1937. Adolphe Clément fabriquera également
des automobiles qui seront importées en
Angleterre sous la marque Clément-Talbot et
seront à l'origine de la marque Talbot.
En 1904, Adolphe Clément se détache de ces
sociétés et fondera une nouvelle marque de
motos sous le nom de "Bayard-Clément",
puis "Clément-Bayard".
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Puisqu'il
fallait bien que quelqu'un le fasse un jour, les
frères Eugène et Michel Werner, immigrés
d'origine russe installés à Levallois - Peret,
inventent, en 1897, le mot
"motocyclette".En fait, les choses
ne se sont pas faites aussi simplement.
Jusqu'alors, les engins à deux roues motorisés
prenaient les noms les plus variés comme
"autocyclette",
"pétrolette", etc.
Les frères Werner déposèrent pour leur engin
le nom de "motocyclette". Une légende
couramment répandue voudrait qu'ils en aient
été dessaisis par le préfet de Paris,
trouvant qu'il s'adaptait bien à ce genre
d'engin pour l'attribuer au domaine public.
En dehors de cela, la configuration de cette
"motocyclette" ne correspond pas
réellement à l'idée que l'on se fait
habituellement d'une moto. Mais l'idée sera
reprise bien plus tard. Inutile de vous dire par
qui !
Les frères Werner n'étaient d'ailleurs
apparemment pas persuadés que cette
configuration soit la meilleure, puisqu'ils
brevetteront peu de temps après la disposition
du moteur en bas de la boucle du cadre. Solution
qui fera école.
Faisant preuve d'une grande imagination, ils
ne s'arrêteront pas en si bon chemin. Ils
concevront également, en 1903 une 500 cm3
bicylindre vertical.
Même s'il en reste peu d'exemplaires
aujourd'hui, toutes les motos Werner, quel que
soit leur type, ont été effectivement
commercialisées.
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C'est au Vélo Club de Neuchâtel que Ernest
Zurcher et Hemann Lüthi se lient d'amitié. Ce
dernier, coutelier, a mis au point un allumeur et
une bougie pour moteur à pétrole. Ainsi ils
commencent à fabriquer des moteurs de motos de 1
½ HP dès 1895 sous la dénomination
Lüthi-Zürcher. Mais rapidement, ils sont
contraints de sinstaller à Saint-Aubin
dès 1898 et ce nest quen 1901 que
leur amitié est scellée par une association
sous la marque Z.L. puisque déjà Hermann vaque
à dautres occupations.. Mais
Neuchâtel, c'est en Suisse, me direz vous !
Effectivement. Mais où l'histoire nous
intéresse, c'est quen 1898 le gouvernement
français trouve astucieux de taxer fortement les
importations. Si bien que nos associés sont
forcés de sinstaller dans un atelier à
Pontarlier vers 1902 et ces derniers produiront
des moteurs sous la marque sur Zedel.
Lusine de Pontarlier (1905) sera
prédominante et entraînera labandon de la
fabrique de Saint-Aubin. Le jeune contremaître
dalors, un certain Fritz Moser, ne voulant
pas sétablir de lautre côté de la
frontière, devient à son tour motoriste à
Saint-Aubin puis à Pontarlier (1925).
Mais Ernest Zürcher perd rapidement le
contrôle de sa société et, en 1907, il est en
expulsé. Zedel se transforme en Société
Française des Automobiles Zedel, qui après
diverses vicissitudes, passe sous le contrôle de
Jérôme Donnet sous la marque Donnet-Zedel pour
disparaître vers 1925.
Quant à Ernest Zürcher, évincé, il
sassocie avec Edmond Gentil, fondateur
dAlcyon, Action, Armor, Deauville
pour produire des moteurs à partir de
Saint-Aubin jusquen 1935 et de La
Ferrière-sous-Jougne (France) de 1910 à 1927,
puis de Courbevoie de 1927 à 1964.
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| 1899 |
DUCOMMUN -
(Mulhouse) |
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(Cliquez pour
agrandir) |
Cette moto, pour plusieurs raisons, est
assez particulière dans la mesure où elle n'était jusqu'à présent connue
que par très peu de monde.
Cette moto, sorte d'ancêtre véritable du "Vélosolex", dont
on est certain qu'elle a existé non seulement parce qu'elle
a fait l'objet de publicité, mais aussi parce qu'on a
retrouvé la trace de son brevet daté du 6 juillet 1899,
était fabriquée par Monsieur Ducommun dans les ateliers de
constructions mécaniques, à Mulhouse.
L'Alsace étant alors en territoire Allemand et le brevet
ayant été déposé en Suisse, vous vous demanderez, comme moi
pour quelle raison on classe cette "Ducommun" parmi les
motos françaises. C'est Monsieur Lambert qui éclaire nos
lanternes :
"L'Alsace
était sous emprise Germanique depuis 1870 mais un statut
spécial existait sur Mulhouse, qui était un peu un état dans
l'état, par sa dépendance vis à vis des évêchés de Bale
(Suisse Alémanique) depuis des siècles. Mulhouse ne s'est
déclarée Française que bien après la libération de l'Alsace,
en 1945. Les "motos "Ducommun, ont été fabriquées à
Mulhouse, en secteur auparavant Français, se considérant
toujours "état Français indépendant" englobé par l'Alsace
"Allemande"
Quant au dépôt du brevet en Suisse - il s'agit bien d'un
brevet français - il est essentiellement lié à des raisons
fiscales. Déjà. |
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| Alessandro Anzani, immigrant d'origine
Italienne, né en 1878 à Milan, a fait preuve,
tout au long de sa carrière, d'un talent qui n'a
eu d'égal que son éclectisme : Il
débute sa carrière motocycliste auprès de la
Compagnie des Autos et Cycles Hurtu.
Sa première apparition en compétition a lieu en
décembre 1903, à l'occasion du Championnat du
Monde au Parc des Princes sur une moto Hurtu
(moteur Hurtu 16 ch). En finale, il se retrouve
opposé à lexpérimenté Maurice Fournier
sur Clément 4 cylindres en V de 1500 cm3.
Le jeune outsider sinclinera avec les
honneurs, en prenant la seconde place. Remarqué
par Edmond Gentil, il entre chez Alcyon sur moto
usine et est détaché auprès du motoriste
Buchet.
Très rapidement Alessandro devient un metteur
au point hors paire, ce qui lui vaut le surnom de
"Démon de la carburation ". Ses
talents lui permettent de piloter des motos
Alcyon à moteurs expérimentaux :
En 1905, celle dAmbroise Farcot,
administrateur des Ets Buchet, mue par son
tri cylindre en éventail calé à 45° de 1206,32
cm3.
En 1906, celle dErnest Archdeacon, pour ses
travaux sur le vol mécanique qui pour ce faire,
créera une moto-hélice
qui ventila le
kilomètre du parc horticole dAchères
pendant 45s 2/5 à 79,295 km/h !!!
En 1907, Buchet se tournant alors
définitivement vers lautomobile, le
"Démon de la carburation " passe
un court instant chez Werner, pour
sinstaller ensuite à son compte, à
Asnières puis à Courbevoie comme motoriste en
tous genres.
C'est alors que Louis Blériot sadresse
aux Ets Buchet, comme beaucoup d'avionneurs
auparavant. Ce dernier loriente vers
Alessandro Anzani qui ressort de ses cartons le
tri cylindre Farcot et en reprend létude et
la mise au point.
En 1909, le tri cylindre en éventail de 6,4
litres a pris place dans le nez dun
aéroplane Blériot pour un premier vol
touristique de Toury à Artenay (31 octobre).
Le 25 juillet 1909, Louis Blériot, monte dans
son Blériot XI, improbable assemblage de bois et
de toile. Il enfile son casque de cuir, ajuste
ses lunettes, caresse une dernière fois sa
moustache, prend le manche à balai de son engin,
pousse les gaz à fond et sélance sur
lère gazonnée. Les roues du frêle oiseau
roule, roule
pour finalement quitter le
plancher des vaches. Après un virage sur
laile, direction les falaises de Calais, la
mer et la perfide Albion.
Sécoulent ainsi 37 minutes historiques à
la moyenne de 55 km/h et Louis Blériot ,
moustache au vent, se pose enfin à Douvres.
Dire
que le plus vieux rêve de lhumanité a
été vaincue grâce à une motocyclette !
Le prototype de moto à moteur davion
donna certainement des idées à des coureurs
motocyclistes puisque, par la suite, Anzani
fabriqua plusieurs bicylindres en "V"
et tri cylindres en éventail pour équiper des
motos qui étaient de véritables monstres. Avec
l'une d'elle, Richard Temple atteignit la vitesse
de 183 km/h, en 1923 ! Anzani inspira aussi la
Curtiss Manufacturing Co qui installa
dans une moto Marvel, lun de ses moteurs
davion, un V 8 à 90° de 2 litres
dune puissance de 40 HP avec laquelle fut
établi le record non homologué du Mile en 26 s
2/5 soit 220 km/h
Anzani cessera ses activités de motoriste en
1939 non sans avoir fabriqué, au préalable, des
moteurs de toutes cylindrées, y compris des 125
cm3 pour la moto.
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La marque de
cycles originaire de Saint-Etienne produisît
dés 1899 une "copie" de tricycle De
Dion.
La chose était assez courante à l´époque. Le
seul ennui, c´est que la "copie",
intelligemment améliorée et de finition
parfaite, était sans doute meilleure que
l´original.
Ceci déclencha la colère de De Dion, qui fit
saisir le stand Automoto en plein Salon 1899, et
lui intenta un procès... qu´il perdit .Fort
bien positionné sur le marché du cycle,
Automoto ne vint à la moto que quelques années
avant le début de la première guerre mondiale.
Dés lors, les machines de la marque furent
dotées des mécaniques les plus modernes et
ambitieuses pour l´époque, ce qui contribua à
leur réputation, mais aussi à un prix élevé.
Après guerre la firme
eût du mal à redémarrer et se recentra sur le
cycle de qualité.
Ce n´est qu´en 1923 que réapparaît une petite
100cm3 2 temps, fort soignée et
mécaniquement intéressante. Modifiée l´année
suivante, puis déclinée en 125 et 175cm3
à 2 et 3 vitesses, cette petite machine marque
le retour sur scène d´Automoto, qui ne cessera
ensuite d´étoffer sa gamme avec des 250, 350 et
enfin 500cm3 en 1927 (Latérales et Culbutées,
à boites séparées (Cambell ou Wariants) ou
bloc moteur, dans ce cas d'origine Peugeot,
semble-t-il).
Des Blackburn, Jap, Chaise et - bien sur - des
Automoto prendront place dans les excellentes
parties cycles maison.
Résolument destinées à une clientèle aisée,
et fortement attachée à leur réputation de
qualité, les Automoto jouissent d´un très haut
degré de finition, qui les rendent chères à
une époque de troubles économiques.
En 1930 Peugeot rachètera ce concurrent de
choix, dont il conservera les usines
Stéphanoises, réputées pour leur sérieux et
surtout fort bien outillées.
Il semblerait que, dès la fin de la seconde
guerre mondiale, la firme ait été mise quelque
peu en sommeil et que ses installations aient
été consacrées à la fabrication de motos
siglées "Peugeot".
En 1959, on y transférera la fabrication des
Terrot, ce qui ne manqua pas d´entraîner des
ressemblances entre les modèles des deux
marques.
Automoto fût l´une des dernières marques
Françaises à disparaître, en 1962.
Cliquez
ici pour voir le détail de la B.M.A. 1923-1924
(Attention : Page volumineuse)
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Le manufacture est fondée en
1893 par Joseph Magnat, qui exerçait
précédemment le métier de bijoutier et Louis
Auguste Debon, contremaître chez Jay, Jallifer
et Cie à Grenoble.
A cette date, elle ne fabriquait
que des bicyclettes qui avaient une excellente
réputation.
En 1899 est déposé le brevet d'un étrange
moteur bicylindre à pistons opposés formant une
chambre dexplosion sphérique,
vraisemblablement destiné à lautomobile.
Disposition qui avait pour but la suppression des
vibrations, qui fit ses preuves dans les bolides
automobiles Gobron-Brillé 100 ch.
En 1901, un certain Antoine
Biboud entre au service de Joseph Magnat. Il ne
quittera la maison mère que pour fabriquer ses
propres cycles et motos dès 1920 sous les
marques : "Libéria",
"Edelwiess", "Iser",
"Point dInterrogation" et
"Vercors".
La première
moto voit le jour en 1902, équipée d'un De Dion
et Bouton 248 cm3 développant
2HP. Elle est l'oeuvre de lingènieur
Joseph Delamarche et d'un jeune ouvrier maison,
Jules Escoffier, qui va bientôt se faire
remarquer en compétition, devenant ainsi metteur
au point chez Magnat-Debon. Il quittera la maison
mère en 1911 pour fabriquer ses non moins
célèbres motos sous les marques
"Escoffier", puis
"Koehler-Escoffier" dès 1912..
C'est en 1905 qu'apparaît la
premier moteur Magant & Debon de 331 cm3
de 2HP½, de type automatique que l'on peut
attribuer au polytechnicien Suisse Arthur Moser.
A cette époque, Magnat-Debon commercialise
également des motos de marque Terrot et F.N.,
dont la fameuse 4 cylindres, pour proposer
une gamme complète.
En 1906 est proposée en option
une fourche "élastique", qui est
probablement la première fourche télescopique
jamais réalisée.
Dès 1913 toute la gamme est
composée de nouveaux moteurs à soupapes en
tête: Deux monocylindres et un bicylindre en
"V".
Ces motos évolueront très peu jusqu'en 1920, en
grande partie à cause de la guerre.
On verra apparaître en 1919 un bicylindre à
plat longitudinal, disposition qui était assez
en vogue à l'époque. La firme Magnat-Debon
ayant toutefois innové en proposant des blocs
moteurs alors inusités.
En 1921 on entre dans l'
"ère Alfred Vurpillot", qui, après
des tractations qui ferraient pâlir bon nombre
de boursiers actuels les plus entreprenants, va
acquérir les dijonnais Terrot, Cottereau
(motociste) et C.I.D (constructeur
dautomobiles) et, par échange
dactions, prendre le contrôle de
Magnat-Debon, afin de regrouper l'outil
industriel.
Progressivement, les motos des deux marques
deviendront quasiment identiques, à la
décoration près et seront équipées de moteurs
MAG ou JAP - uniquement pour les motos usines -
puis Blackburne, avant dêtre mues par
leurs propres mécaniques..
Toutefois, Magnat-Debon saura
conserver son image avec les modèles
"Alpina", "Super Alpina" et
"BCSS", qui ne connaîtront pas
d'équivalent chez Terrot et en favorisant, plus
tard, le développement des "Nougier".
En difficultés financières, le
groupe sera absorbé en 1957 par
"Indénor" (Peugeot). La marque
disparaît officiellement en 1962.
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| La société est fondée en 1848 par
Jean-Pierre et Jean-Frédéric Peugeot. Eugène,
en voyant que nombre de bicyclettes Peugeot sont
équipées de moteur Suisse Z.L. décide de
fabriquer sa première moto pour 1902 (voir
ci-dessus). Dès 1903, elle commence à
fabriquer ses propres moteurs et, en 1904, les
premiers bicylindres en "V".
Bicylindres qu'elle fournira à Norton qui,
grâce à ce moteur remporta sa première course.
C'était au Tourist-Trophy. Le premier de
l'histoire !
La marque produisit donc dès ses origines des
motos équipées de moteurs élaborés et
performants.
Le modèle le plus célèbre de cette période
est certainement la 350 type
"Paris-Nice" qui atteignait
70 km/h et fut produite de 1914 à 1921.
Auparavant, en 1900, Peugeot avait acquis les
brevets pour les bicyclettes pliantes du
capitaine Gérard et, en 1913, ceux du twin
vertical de Charles Morel. Brevets qui
permettront à Peugeot, au travers de
l'ingénieur Suisse Henry, de concevoir pour la
compétition une remarquable moto : la "500
bicylindre vertical" à 2 A.C.T. et 4
soupapes par cylindres !
Le 14 juin 1914, Paul Péan sélance sur la
piste dAchères-la-Forêt au guidon de sa
500 8 soupapes et bat deux records du monde :
Celui du kilomètre lancé en 29s 2/5 à la
moyenne de 122,449 km/h et celui du Mile
lancé en 47s 4/5 à 121,05 km/h
(Document ci-dessous, transmis par Georges
Largis).
Hélas, c'est la veille de la "grande
guerre" cette machine en terminera donc avec
sa brillante et brève carrière.
Après
guerre, l'ingénieur Lessmann-Antonesco, roumain,
conçut un autre bicylindre vertical mais à un
seul A.C.T. et 2 soupapes par cylindre.
Celle-ci remporta, par contre, de nombreuses
victoires, dont le Grand Prix des Nations à
Monza en 1923, où elle atteignit 160 km/h
dans la ligne droite.
Entre les deux guerres, l'essentiel de la
production était constituée de monocylindres,
certes fiables mais dont l'originalité se
limitait à la couleur de leurs réservoirs.
A côté de ces modèles, Peugeot fabriqua
également des motos équipées d'un bloc- moteur
: la série des P115, P515. Relativement peu en
furent produites, mais elles restent parmi les
plus belles "classiques" françaises.
A partir de 1930, Peugeot mène une politique
de rachat, initiée en 1920, avec l'acquisition
d'Aiglon, Automoto, puis Terrot et
Magnat-Debon.... pour asseoir sa suprématie sur
le difficile segment de la moto.
Dans les
années '50 furent produits des 125 et 175
monocylindres deux temps à vocation utilitaire.
La dernière tentative de Peugeot dans le domaine
des "vraies" motos fut la 250
bicylindres, deux temps. Mais le marché n'y
était pas et les pertes trop importantes.
Peugeot ferme les portes des marques ancestrales
et prestigieuses précédemment acquises. C'est
tout un pan de l'Histoire de la moto en France
qui s'écroule d'un seul coup.
Peugeot ne maintient ensuite que des horreurs
telles que ses cyclomoteurs et cyclosports
"BB" 101, 102, 103
jusquen
1987, suivies de quelques apparitions sans
lendemains dans le domaine du tout-terrain.
1983, correspond au retour de la mode des
scooters. Peugeot se reconvertit alors dans la
fabrication d'autocollants pour diffuser sous sa
marque des engins en provenance du géant
japonais Honda.
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Les origines des usines
Terrot se trouvent en ... allemagne. Son
fondateur, Charles Terrot était un ami
de Gottlieb-Daimler. Pourtant, sa
première activité sera la construction
de métiers à tisser. Tout ceci ne le
prédestinait pas à devenir un des plus
grands constructeurs de motos
françaises.Vers 1890, Willhem
Duttlinger, gendre de Charles Terrot
décide de venir s'installer à Dijon
pour y fabriquer des bicyclettes.
Dans la logique des choses, Terrot
passa ensuite à la fabrication de
tricycles et d'automobiles, avant de
concevoir ses premières motos en 1902.
Terrot est alors un assembleur astucieux
et hétéroclite qui utilise des
mécaniques éprouvées Françaises,
telles que : Bruneau, Faure, Givaudan et
même une tentative A.Z. (pour Amstoutz)
de Besançon; ou Suisses, avec Henri et
Armand Dufaux, qui deviendra M.A.G.
Terrot devient constructeur à part
entière dès son association avec Zedel
de Pontarlier, en 1908, et
lapparition de moteurs spécifiques
estampillés Terrot-Zedel.
Dès le début de la première guerre
mondiale, les origines allemandes des
Ets. Terrot & Cie vont lui coûter
cher, puisqu'elle est mise sous
séquestre.
En 1920, elle sera mise aux enchères.
Guillaume Duttlinger, fils du fondateur
essaie bien de racheter sa marque, mais
c'est Alfred Vurpillot et son réseau
d'investisseurs qui vont l'emporter.
Ces derniers achètent Terrot à peu
près en même temps que Magnat-Debon et
les productions des deux firmes seront,
à partir de ce moment progressivement
regroupées et uniformisées.
La production est relancée
avec des motos de grosse cylindrée,
équipées de moteurs JAP, puis Terrot et
les affaires marchent très bien,
puisqu'en 1930 il est premier
constructeur français avec 100.000 motos
produites et 1.800 ouvriers.
La marque est par ailleurs très active
en compétition, particulièrement avec
les "CP" qui feront retentir
pendant longtemps les couleurs de la
marque.
Mais la "grande crise"
arrive, qui affectera toute l'économie
mondiale.
Les ventes de motos de luxe
périclitent et la principale activité
de la marque devient la production de
"BMA" et de ... poussettes.
Cependant, à
partir de 1934, un marché passé avec
l'état pour la fourniture de motos aux
armées va relancer la production de
grosses cylindrées (ou, du moins, ce qui
était alors considéré comme tel) avec
les 350 HST et 750 VATT (TT pour
tout-terrain) bicylindres en
"V", elles-mêmes dérivées
des 750 VA.
Mais après cette deuxième guerre, le
pouvoir d'achat est faible et les petites
cylindrées sont à nouveau reines.
Malheureusement pour Terrot, sa 125 ETD
ne connaîtra qu'un faible succès par
rapport à celles de la concurrence :
Motobécane et Peugeot, principalement.
Terrot
continue cependant de produire ce qui
restera une "grande classique"
: La 500 RGST.
Après les disparition de Jean, et
d'Alfred Vurpillot, les guerres
intestines concernant la prise de pouvoir
de la société en érode les finances.
En 1959, Indènor (Peugeot) reprend la
marque Terrot pour en arrêter
définitivement la production en 1961.
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| 1902 |
HERDTLE-BRUNEAU
- (Paris) |
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Il
existe peu d'exemplaires survivants des moteurs
Herdtlé-Bruneau, fabriqués de 1902 à 1913. On
sait donc peu de choses à leur sujet, si ce
n'est qu'ils étaient montés sur des engins
minimalistes très proches du vélo, comme par
exemple, les"Georges-Richard".Par
contre, on est certain qu'ils avaient un système
de distribution classique pour l'époque -
soupape d'admission automatique et d'échappement
culbutée, mais surtout, ils étaient refroidis
par eau - par un système de thermosiphon - une
des premières du genre.
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| 1903 |
FOURNIER-BUCHET
: L'EPOQUE DES MONSTRES |
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| Pendant que certains se consacrent à la
commercialisation de motos en (grande ?) série,
d'autres préfèrent à la construire des
véhicules de compétition. Une
forme de course très prisée à l'époque
consistait à rouler le plus rapidement possible
sur des vélodromes. Dans ce contexte, la
maniabilité n'avait que peu d'importance, et la
cylindrée n'avait pas de limitation. En quelque
sorte, tout était permis.
Dans le genre "velu" on a vu
précédemment les Anzani que Richard Temple
rendra célèbres, ainsi que la Clément 4
cylindres en "V" de 1500 cm3, pilotée
par Fournier.
Mais sa supériorité sur la concurrence
commençant à être remise en cause, le même
Fournier fit réaliser par Buchet (qui avait
déjà réalisé des moteurs dans le même genre)
un bicylindre vertical de 3000 cm3.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais à
mon avis, pour conduire de tels engins, il
fallait une certaine dose de courage. "All
balls out", disent les anglais. Ce que la
décence m'interdit de traduire ici.
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Alcyon
est une de ces marques qui ont fabriqué des
motos d'excellente qualité, qui possède les
plus remarquables tableaux sportifs de l'histoire
de la moto française et que l'on cite pourtant
rarement. Est-ce du a son histoire tumultueuse ?Les
origines d'Alcyon se situent à Valentigney chez
Peugeot où trois générations de Gentil ont
servi les maîtres de forges Boroillots.
Suite à une querelle avec Eugène Peugeot,
Edmond Gentil fonde sa société
daccessoires pour le cycle, la moto et
lautomobile dès 1903 à Neuilly-sur-Seine.
Il faut attendre 1904 pour quapparaissent
la marque Alcyon qui sera dabord équipée
de vieux moteurs Z.L., puis de moteurs C.D.
(Cycles Deauville) et Alcyon. Mais très vite
Edmond Gentil sassocie avec les Ets.Buchet
pour la fourniture de moteurs.
Le ton est donné à la marque Alcyon dont la
politique est axée sur la compétition, cycles
et motos, dautant plus quHenri
Desgranges est devenu un ami. Ce dernier est le
rédacteur en chef du journal
l"Auto" qui créa les Tours de
France cycliste, motocycliste et automobile.
Ernest Zürcher ayant entre temps été
évincé de Zedel France, il est engagé en 1907
par Edmond Gentil. Les motos Alcyon recevront
désormais des mécaniques imaginées par Ernest
Zürcher et fabriquées à La
Ferrière-sous-Jougne de 1910 à 1927. Alcyon
remportera tout où presque. Les pilotes de
lépoque furent Canale, Ludovic Feuillet,
Vulliamy, Gaston Lehmann. Edmond Gentil ira même
recruter ses pilotes à lennemi, tels
Champoiseau et Cissac, transfuges de Peugeot.
Le plus surprenant chez Alcyon, restera sa
politique commerciale : Jusqu'à la seconde
guerre mondiale, elle restera fortement
impliquée en compétition, remportant 7
championnats de France de vitesse et 3 Bols
dOr.
Pour des raisons de cohérence et d'image de
marque, cette politique obligera Edmond Gentil a
produire des motos de très haut de gamme :
bicylindres en "V" de 1914 à 1922,
culbutés de 26 à 39, à arbres à cames en
tête en 1934 et 1935.
Ce qui ne l'empêchera pas de commercialiser des
petites cylindrées bon marché qui feront fureur
dès 1930. De plus, Edmond Gentil, comme Peugeot,
sera boulimique : Il rachètera une
quantité de sociétés : Lapize, Olympique, La
Française-Diamant, Labor, Cycles Thomann, Major
et en créera lui même au besoin (Strong,
Trials, Armor)
Après la seconde Guerre Mondiale, Edmond et
Ernest ont déjà rejoint le royaume des ombres,
et Alcyon, malgré des bénéfices faramineux, a
bien compris que le secteur de la moto est fini.
On monte alors des moteurs AMC, Ydral au côté
des Zürcher.
Puis ce sera le rachat et la commercialisation
des scooters Mors Speed, et la tentative avortée
avec AGF sous la marque Gentil.
En 1964, le groupe Gentil se sépare de sa
branche "constructeur ". Exunt
Alcyon, Armor, Labor, Lapize
Le groupe se consacre principalement, et
encore aujourdhui, aux accessoires cycles
et autos, et au nautisme.
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| 1906
(Env.) |
ROCHET -
(Somme) |
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On sait peu de choses sur les moteurs Rochet, si
ce n'est qu'ils ont équipé des motos de marque
Roland.Ce qui est sur, également, c'est qu'il
est équipé d'un bicylindre vertical. Cette
solution avait déjà été vue sur des Werner,
mais n'en reste as moins peu courante.
Par contre, celui-ci est positionné de
manière longitudinale et est du type
"bloc-moteur". Probablement le premier
du genre !
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Fondée
par Monsieur Billion, la marque Ultima produit
dans un premier temps des moteurs pour d'autres
constructeurs.
Peu avant le premier conflit mondial, elle
commence à produire sa propre moto, le type A
auquel s'ajoutera, après guerre la
"Sport". Ces deux modèles sont
équipés du même monocylindre de 350 cm3 à
soupapes latérales et reconnaissable à son
inclinaison. La plus évoluée des deux étant
dotée d'une boite à deux vitesses.
Le démarrage s'effectue au moyen d'une manivelle
qui entraîne la roue arrière au moyen d'une
chaîne et cette dernière entraîne à son tour
le moteur via sa courroie de transmission. Pas
très simple, le système sera bientôt remplacé
par un kick.
Mais ce qui distingue le plus ces motos de la
concurrence, c'est que, outre le moteur, la
boîte de vitesse, le carburateur et la fourche
(pendulaire) sont des fabrications
"maison". Le type "Sport" évoluera
doucement, mais la marque se diversifiera et
produira entre 1920 et 1930 des bicylindres en
"V" de 350 et 500 cm3 traitées en
bloc-moteur. Certaines étant même équipées de
cardan.
Après la seconde guerre mondiale, la
production sera limitée, comme pour la
quasi-totalité des autres marques, à des
petites cylindrées. Mais à l'inverse de la
concurrence, et malgré les faibles chiffres de
production, Ultima continuera à équiper ses
motos de moteurs exclusifs de sa propre
conception comme dans le cas de la F125
restaurée par Monsieur Corbier et dont l'on
parle par ailleurs sur ce site.
Ultima arrêtera toute production en 1958.
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On
sait relativement peu de choses de la marque
Viratelle, si ce n'est qu'elle a existé de 1907
à 1924.Ce dont on est sur, également, c'est
qu'elle aurait du révolutionner le monde de la
moto, puisqu'elle était dotée d'un bloc-moteur
(donc : d'une boite de vitesses), refroidi par
eau, d'une transmission finale par chaîne ainsi
que d'une suspension avant (cette dernière d'une
conception pour le moins archaïque). Chacun de
ces éléments était déjà rare
individuellement à cette époque. Ils ne
s'étaient jamais retrouvés réunis sur une
seule moto ... et n'apparaîtront en série que
70 ans plus tard ! On ne peut qu'en déduire
qu'une telle moto est apparue trop tôt. Ce qui a
probablement entraîné sa disparition précoce.
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| 1912 |
KOEHLER-ESCOFFIER
- (Lyon) |
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La
première moto portant la marque
Koehler-Escoffier que je vis datait de la
période "post-1945', époque à laquelle
elle avait été rachetée depuis longtemps par
Monet-Goyon et ne produisait plus que des
utilitaires à moteur 2 temps de marque Villiers.
Je n'ai rien contre cette dernière qui, bien que
britannique, apporta beaucoup à l'industrie
motocycliste française. Mais force est de
reconnaître que de telles productions ne sont
généralement pas enthousiasmantes.
J'avais bien entendu parler d'un moteur
"mandoline", mais, pour une moto, cela
n'avait rien de très évocateur ni de très
flatteur.
J'en serais probablement
resté là si, dans mon adolescence, je n'avais
eu un ami du nom de Koehler, descendant d'un
certain René Koehler, océanographe à Monaco.
Ce dernier se trouvait être le père de Marcel
Koehler, l'un des fondateurs de la marque
Koehler-Escoffier.
Le deuxième fondateur étant Jules Escoffier,
ancien mécanicien chez Magnat-Debon.
Les deux hommes s'associèrent en 1912 et
concevront rapidement une moto au moteur
remarquable, la "mandoline" (surnom du
à la forme particulière des carters), un
bicylindre en "V" culbuté de 500 cm3.
Jules Escoffier ne
participe pas longtemps au développement de sa
marque puisqu'il décède en 1914. On imagine
facilement qu'un tel évènement aurait pu
entraîner la disparition précoce de la marque.
Mais après maintes péripéties, elle est
acquise, en 1922, par Raymond Guiguet (aucun lien
de parenté avec son homonyme, fondateur de
M.G.C.), qui lui donnera un second souffle en
concevant les 500 monocylindre et 1000 bicylindre
à arbres à cames en tête, dont la légende
veut que peu de pilotes (Edouard Grammont et
Georges Monneret, en particulier) aient été
capables de les maîtriser.
Ce qui est certain, c'est que ces
derniers moteurs sont, tout du moins à mon
goût, parmi les plus beaux que l'on ait
construit : Autant que les "Cyclone"
américains et probablement plus que les H.R.D.
britanniques !
Mais ils sont probablement très
coûteux à réaliser et dès 1931, la marque
passe sous contrôle de Monet-Goyon. Elle
disparaîtra définitivement en 1957. Dommage
qu'on n'ait pu en maintenir la tradition.
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