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Kawasaki A7 - SS | ![]() |
La découverte d'un modèle particulier amène souvent à se
poser des questions au sujet des origines de la marque qui l'a
conçue. Ce fut le cas, en tous cas, lorsque Marc Boniface, à la
recherche d'une 400-KH a découvert une Kawasaki A7 en Norvège.
Le fait, en soi, n'est déjà pas banal. Il l'est encore moins
lorsque l'on sait que la machine en question est une
"SS" (scrambler) et, de surcroît, un des tous premiers
modèles, avec réservoir à flancs chromés.
Certains préfèrent les Européennes. Les Françaises, même.
Ils ont raison. Mais il n'empêche qu'on est ici en présence
d'une - grande - classique. Même s'il lui faudra un
peu de temps avant de participer au "Londres-Brighton".
Un peu d'histoire :
Les différents articles concernant la firme Kawasaki nous ont appris qu'elle a commencé, dès 1878, par la fabrication de bateaux en acier, technique très avancée pour l'époque. Elle continuera ensuite son activité dans l' "industrie lourde" avec la conception de locomotives, de turbines à vapeur et d'avions.
L'engagement du Japon dans le deuxième conflit mondial entraînera ensuite Kawasaki à participer à l'effort de guerre. Au sortir de celle-ci, Kawasaki a du se reconvertir, comme beaucoup d'usines de par le monde, dans d'autres activités plus pacifiques. Dans la moto, entre autres.
Comme beaucoup d'entres-vous, je pense, j'étais persuadé que Kawasaki ne s"intéressa aux deux roues que vers 1966, lorsqu'elle racheta la firme Meguro en faillite et reprit la fabrication de son modèle 650-W1.
Rectifications :
Le site de Kawasaki Motors France ( http://www.kawasaki.fr/ ) nous apprend qu'il n'en est rien : Dès 1949, la firme se penche sur la conception d'un moteur auxiliaire de 60cm3, 4 temps, qu'elle diffuse à partir de 1952. Suivront, de 1955 à 1966, différents modèles motorisés par des monocylindres 2 temps de 125cm3 fortement inspirés par la production allemande. Mais aucune de ces machines ne posèrent jamais leurs roues en Europe.
En 1966, Kawasaki rachète Meguro en faillite et son modèle 650-W1 (4 temps de 650cm3, fortement inspirée des BSA, en plus moderne). Ce qui lui permet de poser ses premiers jalons sur le vieux continent.
Suivront ensuite la 500 Mach-III et ses soeurs, puis la Z1 et sa longue descendance.
A1 et A7 :
Il est étrange de constater que, dans son histoire, Kawasaki Motors France occulte totalement les modèles A1 (250cm3) et A7 (350cm3), pourtant pas dénués d'intérêt :
Ci-dessous figurent
quelques documents représentant la A7SS de Marc Boniface.
Pour l'anecdote, l'immatriculation "A-7 350" n'est
pas là pour la décoration. C'est son vrai numéro !
Cette moto a l'air d'être dans un état de conservation
remarquable. Dans la réalité, cette A7-SS a été conservée à
l'humidité et ses chromes commencent à être attaqués.
Marc Boniface, son propriétaire (holt.boniface@c2i.net)
cherche des "tuyaux" concernant cette machine :
documents techniques ou d'époque, pièces, renseignements
utiles, sachant que l'on trouve pas mal de choses sur http://www.machiv.com/, que
l'on peut remercier ici. N'hésitez pas à le contacter. Merci pour Marc, qui
vient lui même d'ouvrir son site, plus particulièrement consacré aux Kawas "twin"
: http://www.kawatwin.com/
Les quelques piqûres de rouille ne
l'empêchent pas de rouler. Plutôt bien d'ailleurs puisque les photos ci-dessus
ony pour arrière plan un glacier..
Un peu de technique :
Comme beaucoup d'évolutions en matière de deux temps, le disque distributeur rotatif est du à Walter Kaaden, qui fut le premier à l'expérimenter sur ses MZ. Comme on le sait, les problèmes politiques se liguèrent aux difficultés financières pour que ses machines n'obtiennent jamais de titre mondial. En Grand-Prix "routier" tout au moins. Pourtant elles avaient, technologiquement, des années d'avance et lorsque Degner, pilote MZ, fut débauché par Suzuki, cette dernière, issue de nulle part, ne tarda pas à dominer grâce, entre autres, aux distributeurs rotatifs.
Ce type d'admission ne remet pas en cause le cycle de base du
deux temps. Il apporte, par contre, une maîtrise incomparable de
l'admission des gaz.
Ces derniers, plutôt que d'être admis dans le carter moteur en
fonction du déplacement du piston qui doit, simultanément,
gérer l'échappement, est confié à un disque situé sur le
côté du moteur, parallèlement au vilebrequin. Le carburateur,
par la même occasion, ne se situe plus en arrière du moteur,
mais sur le côté du carter. Le disque se situant entre le
carburateur et le carter gère l'admission de manière
indépendante du piston.
Pas besoin de grands commentaires pour le constater sur les
schémas ci-dessous.
Je sais, certains y reprocheront des inexactitudes. Et ils ont
raison. Le but est plutôt de comprendre comment cela fonctionne.
On constate, en tous cas, que selon la forme que l'on donne à
l'ouverture pratiquée dans le disque, on va pouvoir avancer,
retarder, allonger ou diminuer le temps d'admission
indépendamment de la position du piston.
![]() Echappement |
![]() Admission / Compression |
![]() Explosion |
![]() Détente |
Sur les croquis ci-dessus, le transfert se situe sur
l'arrière du moteur pour une question de "clarté".
Dans la réalité, sur la moto de Marc, les transferts sont
situés latéralement, de manière classique. Comme sur le quatre
cylindres Jawa ci-contre. Qui est le même, en
"éclaté", que celui que Jean-François Baldé vient
de faire tourner aux coupes Moto-Légende.
A quelque chose près, cette disposition est la même que
celle qui s'était vue précédemment sur les capricieuses et
néanmoins légendaires Yamaha 250cm3 / 4 cylindres
ou, plus tard, les Suzuki 500 cm3. Les cylindres sont,
ici, inclinés pour des raisons d'encombrement mais on peut
considérer que l'on est en présence d'un moteur "en
carré".
On a connu
d'autres dispositions pour des 4 cylindres à distributeur
rotatif : A plat, avec distributeur unique sur le dessus du
moteur. Il s'agissait d'un Konig, issu d'un moteur marin,
principalement utilisé sur des side-cars où les problèmes
d'encombrement ont une moindre importance, puis sur des motos
"solo" pilotées par Kim Newcombe et Christian Léon.
La moto ne fonctionnait pas trop mal puisque, en 1972, Newcombe
était en tête du Championnat du monde devant Giacomo Agostini
lui-même, lorsqu'il fût victime d'un accident fatal. (Pour les
détails, voir ici : http://freepages.sports.rootsweb.com/~muzza/konig.htm
)
L'idée fût reprise plus tard par Helmut Fath, multiple champion
du monde de side-car (sur BMW, puis sur ses propres motos
URS : 4 cylindres double arbre) et mécanicien de génie qui
conçut, entre autres, le 4 cylindres 2 temps ci-joint.
Lorsque Yamaha revint officiellement à la compétition, en 500cm3, après de longues années d'abstinence, la disposition "en carré" ne semblait plus convenir à ses ingénieurs. Comment utiliser des disques rotatifs avec des cylindres "en ligne" ? Aujourd'hui, personne n'a la solution. C'est pourquoi ils inventèrent l'admission à clapets. C'est une autre histoire, sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir.