En
cliquant sur les différentes parties du
document ci-dessous, vous agrandirez
séparément les éléments qui le
composent.
|
|
(Documents aimablement transmis par Marc
Boniface)
|
|
Après avoir
obtenu son diplôme de l'Ecole Nationale des Arts
et Métiers, Louis Janoir pouvait difficilement,
au début du XXème siècle,
faire autrement que de s'intéresser à la
mécanique, qui en était encore à ses
balbutiements.
Ses premières expériences se firent dans le
domaine de l'aviation, en tant que pilote. Comme
nombre de jeunes gens de la "bonne
société", il participa à des
compétitions, notamment aux commandes d'un
hydravion de marque "Deperdussin" et
participa à des épreuves prestigieuses comme la
"Coupe Schneider" ou la "Coupe
Gordon-Bennet".
L'utilisation de ce type d'avion n'est pas
anodine dans le cadre qui nous intéresse,
puisque cette machine, assez extraordinaire pour
l'époque comportait une carlingue monocoque
métallique, à une époque où la plupart des
autres "aéroplanes" étaient
fabriqués autour d'une structure en bois,
entoilé. Nous verrons par la suite que cette
structure monocoque a probablement influencé la
conception des véhicules que Louis Janoir
concevra plus tard.
Suite relativement logique, Louis
Janoir construisit ensuite des avions de sa
propre conception. Probablement en très petit
nombre. La plupart des appareils qui sortirent
des usines Janoir ont été des Spad XIII, dont
la construction fut également confiée à
Levasseur et à Blériot. Coïncidence ? Tous, à
la fin de la guerre, se reconvertirent dans la
moto ou l'automobile. Leur point commun étant
une certaine originalité dans la conception de
leurs véhicules... avec des fortunes diverses.
Janoir, lorsqu'il se tourne vers
le sujet qui nous intéresse en priorité -
la moto - va innover dans tous les domaines,
ou, au pire, opter pour les solutions les plus
avancées du moment :
Le cadre était en tôle
emboutie. Il avait de quoi étonner,
puisqu'il évoque, dans sa partie avant,
le "Deltabox" des productions
les plus récentes. Les journalistes
parlaient d'ailleurs, à son sujet, de
châssis.
Il est doté d'une
suspension arrière, les ressorts étant
à lames "demi-cantilever"
(c'est à dire, des 1/2 lames).
Les deux freins
(l'arrière est actionné par un levier)
sont à tambour et les roues
interchangeables.
Le bras oscillant
maintient la roue arrière grâce à une
broche. Technique probablement trop
pratique pour que le
"modernisme" l'ait faite
perdurer : Elle permet de démonter
la roue sans avoir à déposer les
freins.
La fourche avant est
moins inspirée, puisqu'elle est de type
"oscillante".
Le moteur, par contre,
est un bicylindre "à plat"
longitudinal dont les cylindres sont
coulés avec le carter (technique qui
sera souvent utilisée dans les années
'60 sur les moteurs à haut rendement,
pour améliorer la rigidité du moteur) et
chemisés acier.
Ses culasses sont en
aluminium et détachables et les soupapes
culbutées. Les pistons sont également
en aluminium et les bielles montées sur
roulements à billes.
Côté transmission, on
trouve un énorme embrayage à disque
conique unique et une boite de vitesses
à 3 rapports.
L'audace technique de cette moto
a-t-elle été un frein à sa mise au
point ? A-t-elle présentée des problèmes
pour sa fabrication ? A-t-elle entraîné des
coûts de production trop élevés ou un prix de
vente excessif ?
Aujourd'hui je n'en sais rien. Ce qui est sûr,
c'est qu'il n'en existe pas beaucoup
d'exemplaires. Si tant est qu'il y en ait encore
un !
Janoir ne persista pas longtemps
dans ce domaine et se tourna ensuite vers
l'automobile ou, plus précisément, de
carrosseries pour automobiles, dont la
particularité était d'être "tout
acier". En quelques sortes, l'ancêtre des
monocoques. Décidément !
|