Deux roues motrices et
hydraulique
Synthèse de deux techniques
Deux roues motrices :
Comme me l'a fait remarquer un internaute, il
serait de bon ton, dans tout domaine, de ne pas oublier les précurseurs.
Dans le domaine des motos à deux roues motrices, il semble bien qu'il
s'agisse de l'américain "Rokon". En effet, c'est en 1959 que Charles
Fehn présente un drôle d'engin, à l'aspect utilitaire non dissimulé. Si
on lui en avait fait la remarque, il n'en aurait pas pris ombrage,
puisque tel était bien le but. C'était lui-même qui lui avait donné le
surnom de "mototracteur". L'idée de base était de concevoir un engin qui
puisse passer partout. C'est pourquoi il est doté, d'emblée, de larges
pneus rappelant ceux des tracteurs, d'un poids minimal, d'une très
importante garde au sol et, surtout, de deux roues motrices.Si le "Rokon" n'a jamais fait partie des "objets de la mode", il faut croire que la formule était bonne, puisqu'il est toujours, aujourd'hui. La vitesse de pointe n'a jamais été un impératif : Les modèles actuels utilisent des moteurs allant de 160 à 172 cm3. Ce qui n'empêche pas les bûcherons canadiens de s'en servir pour haler des troncs d'arbre. |
Cela fait maintenant 20 ans,
depuis 1980, que Savard s'est lancé dans l'aventure,
avec les moyens d'un amateur - passionné - et le talent
d'un bricoleur - certainement doué.Ce manque de moyens relatif a imposé l'utilisation d'un mode de transmission à la roue avant quasiment classique, c'est à dire au moyen de chaînes, même si la suspension avant, dans le but de simplifier le cheminement des diverses chaînes, se démarque de la production "courante" pour se rapprocher de ce qui s'est fait précédemment sur la Elf de De Cortanze. Il n'empêche que, après une mise au point poussée et certains succès en compétition, Savard dût baisser les bras : Le système était probablement trop complexe (voir ci-joint, en rouge, le cheminement des diverses chaînes), impliquant des pertes importantes de puissance. Plus tard, une autre expérience sera tentée par Monsieur Fage sur des motos de Trial, avec une solution légèrement différente pour l'avant, utilisant une fourche "classique" et une transmission avant combinant courroies et chaînes. Sans beaucoup plus de succès. Le plus gros problème, en fait, réside dans le fait
que, même lorsque la démultiplication des transmissions
avant et arrière ne sont pas les mêmes, les proportions
restent invariables, rendant la direction lourde lorsque
les conditions d'adhérence sont bonnes et que la
puissance "passe" à l'arrière. On en revient
au problème du fonctionnement du deux temps : Il n'y a
qu'un moment précis où l'équilibre avant / arrière
est idéal. |
Transmission hydraulique :
D'un autre
côté, quelques temps avant, des constructeurs, dont
Motobécane ont tenté d'adapter la transmission
hydraulique à la moto, comme sur la 125 LT,
ci-contre. L'usine était malheureusement déjà sur son
déclin et l'expérience ne fut pas poussée très loin
et ce modèle est resté à l'état de prototype.A la
base, son fonctionnement est relativement simple, on
remplace le pignon de sortie de boite par une turbine
("motrice") et la couronne par une
autre turbine ("réceptrice").
L'ensemble des deux turbines forment un "coupleur".
Entre les deux, on dispose deux durits dans lesquelles
circule le liquide. Ces durits remplaçant, en quelque
sorte, une chaîne "traditionnelle".
(Chapitre mis en oeuvre grâce à l'aide précieuse de Jean-Luc Biondi). |
Combiner les techniques :
A ce jour, personne n'était
réellement convaincu par la suprématie des 2 roues
motrices, pas plus que par les avantages de la
transmission hydraulique. Jusqu'à ce que la firme
Suédoise Ohlins, spécialisée dans les amortisseurs ne
se penche sérieusement sur le problème.Les
ingénieurs de cette marque, en observant ce qui se fait
dans le domaine de l'automobile, ont constaté que les
seuls dispositifs réellement performants étaient ceux
qui permettent de faire varier la traction sur au moins
un des trains roulant. Cette variation de traction, sur
une voiture, s'obtient généralement au moyen de
systèmes électroniques dont le poids et l'encombrement
étaient difficilement compatibles avec la moto. Depuis, le système a fait ses preuves, permettant à
Mats Nilsson de se classer parmi les meilleurs dans des
enduro aussi difficiles que le "Gotland" et de
remporter la victoire en Sardaigne. Ce qui n'a pourtant
pas été suffisant pour convaincre Yamaha. Seul
Jean-Claude Olivier, importateur de la marque en France
(et qui est à l'origine de nombre de modèles
considérés comme "révolutionnaires") a
accepté de pousser l'expérience, n'hésitant pas à
prendre lui-même le guidon d'une telle machine dans
certaines épreuves. Depuis peu, une version routière
est à l'essai. Demain, peut-être roulerons nous tous en 2 roues motrices "Ohlins / Yamaha" ? |
Aux U.S.A. :
| Quiconque a fait du VTT a été sensibilisé à la
motricité d'un vélo dans des conditions d'adhérence précaires,
impliquant une position inconfortable : Il faut, en effet, rester assis
malgré les trous et les bosses afin de préserver le minimum d'adhérence
nécessaire à la roue arrière. C'est au cours de l'été 1994 que Steve Christini effectua une sortie en vélo dans la région de Philadelphie aux U.S.A. Malgré la saison favorable, il avait plu quelque temps auparavant, ce qui avait rendu le terrain particulièrement glissant. C'est au retour de ce périple qu'il lui vint l'idée de réaliser un vélo tout-terrain. La tache n'était pas simple, puisqu'il fallait construire léger et que les différents éléments ne devaient pas être exposés aux chocs. C'est ainsi que la solution mise au point utilise des arbres de transmission qui passent, pour la plupart à l'intérieur même des tubes du cadre. Notons que, pour éviter au cycliste de fournir une énergie supplémentaire lorsque cela n'est pas nécessaire, le système est doté d'un différentiel qui n'entraîne la roue avant qu'en cas de perte d'adhérence de la roue arrière. Une fois ce système mis au point et fiabilisé, Christini s'est appliqué à le transposer à la moto. Pour une partie, la partie primaire de la transmission, la solution employée est assez proche de la Savard ci-dessus, avec un entrainement doublé sur le pignon de sorte de boite. Vous en saurez plus en suivant ce lien : http://www.christini.com |
Artisanat :
| On ne saurait terminer ce chapitre sans mentionner que,
outre la firme Yamaha, un petit artisan Français, Jean-Paul DESGACHES, a
réalisé plusieurs prototypes de motos à deux roues motrices. Depuis 2002
environ, il essaie d'en vendre le concept. Vous pouvez aller vous rendre sur son site (http://membres.lycos.fr/moto2x2/ ) pour constater l'état de ses travaux et, éventuellement, le contacter. |