| Honda CB 450 |
Que l'on apprécie ou non les marques japonaises, que l'on accepte ou non que certaines d'entre-elles puissent être considérées comme des motos "de collection", la Honda CB450 est, et restera un évènement essentiel : celle qui a réellement changé le cours de l'histoire de la moto en sonnant le glas de l'industrie britannique, jusqu'alors prédominante en Europe. Et en relançant, simultanément, l'industrie de la moto en général.
Raison pour laquelle, lorsque Pierre Ferry m'a transmis quelques documents concernant sa moto, je n'ai pas hésité à traiter le sujet sous la forme d'un chapitre séparé.
Ces affirmations peuvent en surprendre certains. Replaçons les choses dans leur contexte. En 1965, date d'apparition de la Honda CB450, le paysage de la moto en Europe se présente à peu près comme suit :
Toutes les illustrations
ont été transmises par Pierrot (Pierre Ferry) et
peuvent être agrandies en
cliquant dessus ![]()
C'est dans un tel
contexte qu'est annoncée la Honda CB450. Bien sur, ce n'est pas
la première Honda. Loin s'en faut, puisque le premier "deux
roues" équipé d'un moteur - auxiliaire - Honda
est apparu en 1947. Il ne s'agit pas plus de la première Honda
importée en France, puisqu'elle a été précédée - entre
autres - par les 250 et 305 bicylindres. Mais, avec leurs
cadres en tôle emboutie et leurs suspensions avant à balancier
n'avaient pas grand chose pour séduire malgré leurs moteurs à
A.C.T. Elles resteront marginales... pour retrouver un regain
d'intérêt aujourd'hui, en collection.
Avant qu'on ne l'ait vue ou essayée la CB450 a tendance à intriguer ou à laisser sceptique, plus qu'elle n'inquiète la concurrence. En effet, quel crédit apporter à ces japonais qui prétendent proposer une moto aussi performante que les meilleures sportives du moment, avec un moteur d'une cylindrée inférieure d'1/3 ?
Lorsqu'on pût l'approcher,
les détracteurs déchantèrent. Quant aux autres, ils furent,
pour la plupart, enthousiasmés : Pas tant par son
esthétique, car elle était plutôt austère avec ses
"couleurs" noire et grise, tout juste agrémentées par
des flancs de réservoir chromés. Mais si cette Honda avait un
handicap de 200 cm3 par rapport aux meilleures
machines anglaises, elle le comblait amplement par sa technique.
Avec ses deux arbres à cames en tête tournant directement sur
l'aluminium de la culasse, son rappel de soupapes par barre de
torsion, ses carburateurs à dépression, elle passait, aux yeux
de beaucoup de journalistes pour "révolutionnaire".
Ces derniers avaient sagement "gobé" le dossier de
presse qui les persuadait qu'il s'agissait de la première moto
dotée de deux arbres à cames en tête, la première de série
à utiliser des barres de torsion pour rappeler les soupapes et
que les carburateurs à dépression était une invention
japonaise.
Est-il utile de préciser
que les 2 A.C.T. existent chez Ultima et Peugeot - de
compétition, il est vrai - datant de 1912 et 1913. Que les
barres de torsion pour rappeler les soupapes existent sur le
minuscule Motom (Italien) depuis 1950, et les carburateurs à
dépression depuis 1903.
Il n'en est pas moins
vrai que la 450 Honda est probablement la première moto à
proposer simultanément l'ensemble de ces solutions en série.
Etrangement, c'est le fait que les paliers de l'arbre à cames
tournent directement dans l'aluminium de la culasse qui
inquiétait le plus les observateurs de l'époque. L'expérience
a, depuis, prouvé que cette solution ne présentait quasiment
jamais de déficiences. Par contre, l'embiellage de la CB450,
bien plus classique, est son "talon d'Achille". Tout au
moins sur les séries séries les plus récentes à 5 vitesses dont le blocage des
roulements démontables peut poser problèmes en prenant du jeu.
Si elle reçut un accueil plus tiède auprès de la clientèle potentielle que dans la presse, la CB450 permit à Honda de démontrer la viabilité de ses choix techniques plutôt osés pour l'époque. Ce qui ouvrit les portes aux modèles suivants et attira à la moto des utilisateurs qui étaient jusque là rebutés par les fuites d'huile et le - relatif - manque de fiabilité des motos anglaises. Ces dernières n'avaient plus, alors, longtemps à vivre. Mais cette ouverture profita également à d'autres constructeurs européens. Notamment en Italie, en Allemagne (même si la production y reste quasiment "mono-marque"), en suède et, plus tard, à nouveau en Grande-Bretagne. Brèche dans laquelle la France, malgré de nombreuses tentatives, ne s'est malheureusement jamais réellement engouffrée.
Vous pouvez admirer ci-dessous la moto de Pierre Ferry qui, si elle n'est pas l'un des premiers modèles, en conserve le principal : Son moteur, qui est un véritable chef-d'oeuvre aussi bien mécaniquement qu'esthétiquement. Lui a bien compris que, rien que pour cela, la CB450 a sa place dans une collection.
Question de galanterie et aussi parce que c'est une des plus belles CB 450 à mon goût, voici celle de Marie qui s'est vu offrir cette rarissime version "scrambler" à l'occasion de la fête des mères. Comme quoi être une femme lorsque l'on aime la moto, ça ne présente pas que des inconvénients.
Marie ne lui trouve qu'un défaut : Les freins. Il est vrai que les
tambours....
Si cette moto vous intéresse, elle n'est pas à vendre. Par contre vous pourrez
aller faire un tour aux coupes Moto-Légende 2006 pour l'admirer et aller
applaudir sa pilote.
Suite aux quelques lignes ci-dessus Georges Dulimbert m'a contacté pour nous présenter sa propre Honda CB450 et son histoire, que voici :
"Jai débuté avec une 125 Peugeot pour passer
rapidement, quand jai eu lâge requis, à une 175
Motobécane dont je garde un excellent souvenir mais que je
nai, hélas, pu conserver.
Après une interruption de quelques années jai fait, en
1974, lacquisition de la CB450 qui était, à
lépoque, la routière de référence moins sophistiquée
donc moins fragile et moins chère que la 350 Four. Je lai
beaucoup utilisée à titre professionnel (chirurgien je
nétais pas, avec elle, gêné par la circulation en cas
dappel durgence) et touristique (je garde, en
particulier, un inoubliable souvenir dun tour de Corse avec
mon épouse).
Mon fils aîné sen est également servi mais est passé
rapidement à un modèle plus récent.
Mes obligations professionnelles et familiales étant devenues
peu compatibles avec la moto jai décidé de la conserver
pour plus tard.
Mon fils la entièrement démontée (sauf le bloc boîte à
vitesse - embrayage) et nous avons tout mis dans des cartons, au
fond dun garage.
Arrivé à la retraite, plus de 20 ans après, la machine a été
entièrement remontée et réglée par un ami dentiste,
véritable génie de la restauration ( MGB, AUSTIN HEALEY,
VESPA, Tracteur MASSEY FERGUSON : Il restaure tout ce qui
lui tombe sous la main ! ) et elle marche comme aux
premiers jours.
La bonne vitesse en 5ème, sans
bulle de protection, se situe entre 120 et 130. Je nai plus
lâge ni lenvie de faire de la moto tous les temps,
mais en cette saison il est bien agréable par beau temps
daller faire un petit tour ou quelques courses à
lair libre."
Précisons, pour le lecteur, que Georges Dulimbert est un
motard peu banal car, lorsqu'il dit "Je nai
plus lâge de faire de la moto par tous temps",
il oublie de préciser qu'il a tout de même 67 ans.
A ce témoignage, il a bien voulu joindre quelques photos de sa
magnifique CB450-K5, ci-dessous :
Précision utile pour le restaurateur, Georges Dulimbert
ajoute : "Le modèle que vous avez présenté
(celui de Pierre Ferry) est une K4 mise en service en 1971.
La mienne est une K5 sortie en 1972 : Phare plus gros, dont
la fixation à la fourche avant est chromée, selle
croisillonnée, inscriptions sur les caches
latéraux : Double Overhead Came, embouts de
silencieux différents, pour ce qui est le plus visible."
Pour mieux nous faire comprendre ces nuances, Georges Dulimbert nous fait parvenir une reproduction des silhouettes des différents modèles (K1 à K5) qui se sont échelonnés de 66 à 72 :

Pour sa part, Pierre Courtois avait acquis une 450 K2, neuve, en
juin 1970. Par la suite, il avait été obligé de la revendre. Quel intérêt,
alors, d'en parler ? Le fait est que, il y a une dizaine d'année, Pierre
Courtois, par nostalgie, en a racheté une, dont la date de mise en circulation
est de juillet 1970.
Malheureusement, ses pots ne sont pas d'origines, mais ceux d'une K5. Si vous
avez les bons modèles ou que vous savez où en trouver, n'hésitez pas à contacter
Pierre Courtois :
pierre.courtois@freesbee.fr
En attendant, que ça ne vous empêche pas d'admirer sa K2 qui, bien que noire, n'en est pas moins une des plus belles de toute la série :
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JL Daligaud possède également une 450 K2, un très bel exemplaire de couleur bleue,
dont il a enlevé les clignotants pour faire plus "anglaise". Les puristes
remarqueront également que la selle n'est pas du bon modèle, mais elle ne
tardera pas à être remplacée.
Pour la plupart de ses pièces, JL Daligaud s'est adressé à "Moto Repair" 43 rue Saint-Maur 75011 PARIS.
Ouvert uniquement le vendredi, on peut les joindre par téléphone au
01 46 66 20 40.
Par ailleurs, JL Daligaud a eu la gentillesse de me transmettre une copie de l'essai de la 450-Honda parue dans "Moto-Légende" de juillet 1991 :
J-L David m'a également fait parvenir une photo de sa CB450
qu'il a acquise récemment.
C'est sa deuxième CB450. Sa précédente avait suivi une 175 Motobécane et une 250
Morini Settebello.
C'était il y a .... très longtemps. Et puis, comme pour beaucoup d'entre nous,
la poussette a remplacé la moto.
Et comme beaucoup d'entre nous, à l'approche de la cinquantaine, Jean-Luc a
voulu se faire plaisir : Il a racheté la moto de sa jeunesse.
Une explication à cela : Une étude récente met en valeur le fait que la pratique
de la moto conserve la jeunesse. C'est une étude allemande. On ne fait pas ce
genre de statistiques en France.
Plus récemment, Jean-Louis m'a transmis des photos de ... ses Honda CB450.
Parce que figurez vous qu'il est carrément victime (consentante) du "virus DOHC 450".
Il a commencé en 1976 par une K3 de couleur vert émeraude. La "maladie"
s'aggravera plus tard, à tel point qu'il en possède aujourd'hui à peu près tous
les modèles ayant existé : black bomber 4 vitesses, K1, K2, K4 verte, K4 rouge,
K5, CL Scrambler et CB 500T.
Toutes roulent régulièrement.
Jean-Louis nous dit : "Les chercher, leur redonner vie pour les sauver de la mise en pièces (hélas plus lucrative) les restaurer, chiner leurs pièces devenues rares et en re-fabriquer certaines, retrouver la composition des authentiques coloris des vernis candy d'origine... quel plaisir et que de passions rencontrées à travers toutes celles et ceux qui les aiment et les utilisent ces 450 sympathiques !"
Non content de collectionner ces magnifiques machines, Jean-Louis est un excellent photographe si on en juge par les documents qu'il m'a transmis. Je vous laisse les admirer, ci-dessous :
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| Pas toujours facile de trouver des pièces
détachées pour les Japonaises. Il existe désormais un site incontournable concernant les Honda CB et les 4 cylindres en général : http://www.cb-et-four.com/ Pierrot m'avait bien passé des adresses, mais je ne suis
pas toujours efficace. (Qui a dit : "souvent
inefficace ?") Ca me donnera l'occasion de voir s'il
revient de temps en temps faire un tour par ici. JL Daligaud a trouvé une adresse plus proche,
chez "Moto Repair" 43 rue Saint-Maur 75011 PARIS. DD Moto-Team compte également parmi les fornisseurs éventuels de pièces Honda : http://www.ddmototeam.com/ Un club dédié aux CB450 vient de voir le jour sur le "Net" : http://www.fourfifty.fr/ Si vous connaissez d'autres "tuyaux", surtout, n'hésitez pas. |